01 novembre 2006
Les lois de l'industrie pharmaceutique
Les principes importants gouvernant les "affaires" pharmaceutiques
selon le Dr Rath,
médecin, scientifique et directeur d'un organisme international de recherche sur la santé, ancien responsable de la recherche dans le domaine cardiovasculaire
au sein de l'institut de recherche dirigé par Linus Pauling.
Il n'est pas dans l'intérêt financier de l'industrie pharmaceutique de prévenir les maladies courantes - la maintenance et l'expansion des maladies est une pré-condition à la croissance financière de cette industrie.
• L'industrie pharmaceutique est une industrie d'investissement dirigée par les profits de ses actionnaires. Améliorer la santé humaine n'est pas la ligne directrice de cette économie.
•L'industrie de l'investissement pharmaceutique a été artificiellement créée et stratégiquement développée sur une période d'un siècle entier, par les mêmes groupes d'investissement qui contrôlent globalement les industries pétrochimiques et chimiques.
• Les énormes profits de l'industrie pharmaceutique sont basés sur la mise sous brevets des nouveaux médicaments. Ces brevets permettent essentiellement aux manufacturiers de médicaments de définir de façon arbitraire les profits pour leurs produits.
• Le "marché" de l'industrie pharmaceutique est le corps humain - mais seulement tant et aussi longtemps que le corps est porteur de maladies. Ainsi, maintenir et faire progresser les maladies est une pré-condition à la croissance de l'industrie pharmaceutique.
• Une stratégie clé pour accomplir ce but est le développement de médicaments qui ne font que masquer les symptômes tout en évitant la guérison ou l'élimination des maladies. Ceci explique pourquoi la plupart des médicaments sous prescriptions mis sur le marché de nos jours n'ont pas d'efficacité prouvée mais simplement des symptômes cibles.
• Pour étendre davantage leur marché pharmaceutique, les compagnies de médicaments sont continuellement à la recherche de novelles applications (posologies) pour l'utilisation de médicaments qu'ils commercialisent déjà. […]
• Une autre stratégie clé pour étendre les marchés pharmaceutiques est de causer de nouvelles maladies avec les médicaments. Tout en masquant simplement les symptômes à court terme, la plupart des médicaments pris par des millions de personnes de nos jours causent une multitude de nouvelles maladies qui résultent de leurs effets secondaires à long terme, d'ailleurs connus. Par exemple, tous les médicaments réduisant le taux de cholestérol actuellement sur le marché sont reconnus pour augmenter le risque de développement du cancer - mais seulement après que le patient ait consommé le médicament pendant plusieurs années.
• Les effets secondaires connus et mortels des médicaments sous prescriptions sont la quatrième cause principale de décès dans le monde industrialisé, surpassés seulement par le nombre de décès dus à des crises cardiaques, des cancers, et des embolies (Journal de l'Association Médicale Américaine, 15 avril 1998). Ce fait n'est pas surprenant non plus, puisque les brevets sur les médicaments sont émis d'emblée pour les nouvelles molécules synthétiques. Toutes les molécules synthétiques ont besoin d'être détoxifiées et éliminées du corps, un phénomène qui échoue fréquemment et résulte en une épidémie d'effets secondaires sévères et mortels.
• Alors que la promotion et l'expansion des maladies fait augmenter le marché de l'industrie de l'investissement pharmaceutique - la prévention et le traitement des maladies à la racine diminuent la rentabilité à long terme; par conséquent, ces derniers sont évités ou même souvent obstrués par cette industrie.
• Pire encore, l'éradication des maladies est dans sa nature même incompatible avec, et diamétralement opposée, aux intérêts de l'industrie de l'investissement pharmaceutique. L'éradication de maladies maintenant considérées comme des marchés pharmaceutiques détruirait des investissements de milliards de dollars et éliminerait éventuellement cette industrie entière.
• Les vitamines et d'autres thérapies de santé naturelles et efficaces qui optimisent le métabolisme cellulaire menacent les "affaires" que l'industrie pharmaceutique fait avec les maladies puisqu'elles ciblent la cause cellulaire de la plupart des maladies communes d'aujourd'hui - et ces substances naturelles ne peuvent être brevetées.
• Au cours des plus de cent ans d'existence de l'industrie pharmaceutique, les vitamines et les autres éléments nutritifs essentiels, avec des fonctions définies comme co-facteurs du métabolisme cellulaire, ont été les plus solides compétiteurs et la plus grande menace au succès à long terme de l'industrie de l'investissement pharmaceutique.
• Les vitamines et d'autres thérapies de santé naturelles qui préviennent efficacement les maladies sont incompatibles avec la nature même des "affaires des maladies".
• Pour protéger les développements stratégiques de son entreprise d'investissement contre les menaces des thérapies naturelles, efficaces, et non brevetables, l'industrie pharmaceutique a - au cours d'une siècle entier - utilisé les méthodes les moins scrupuleuses, telles que :
– Rétention d'informations de santé qui auraient pu sauver la vie à des millions de gens. Il est simplement inacceptable qu'aujourd'hui si peu de gens savent que le corps humain ne peut pas produire de vitamine C et de Lysine, deux molécules clé pour la stabilité des tissus connectifs et la prévention des maladies.
– Discréditer les thérapies naturelles. La façon la plus commune est à travers les campagnes de relations publiques globales, organisées par le cartel pharmaceutique, qui répandent des mensonges sur les soi-disant effets secondaires des substances naturelles - des molécules qui ont été utilisées par la nature depuis des millénaires.
– Bannir par la loi la dissémination d'informations sur les thérapies de santé naturelles. À cette fin, l'industrie pharmaceutique a placé ses lobbyistes dans des positions politiques clés dans les marchés principaux et les nations en tête des exportations de médicaments.
• Les "affaires" pharmaceutiques sont la pire arnaque et fraude commerciale dans l'histoire humaine. Le produit "la santé" promis par les compagnies de médicaments n'est pas livré à des millions de patients. À la place, les "produits" les plus souvent livrés sont l'opposé : de nouvelles maladies et des morts fréquentes.
• La survie de l'industrie pharmaceutique est dépendante de l'élimination de toute méthode de thérapie naturelle efficace. Ces thérapies naturelles et non brevetables sont devenues le traitement choisi par des millions de gens en dépit des oppositions économiques, politiques et médiatiques combinées de la plus grande industrie d'investissement au monde.
© The Laws of the Pharmaceutical Industry et Dr. Rath, Dr Rath Health Foundation, 2003.
Source : Advanced Health Plan www.advancedhealthplan.com
Traduction : Évolution Québec.
Comment Lilly à fait avaler sa pilule
En dix ans, le Zyprexa s'est imposé comme «le» médicament pour les psychotiques. Résultat de la stratégie marketing agressive d'Eli Lilly... qui a caché des risques connus. Des milliers de plaintes ont été déposées depuis aux Etats-Unis.
Par Eric FAVEREAU
QUOTIDIEN : mercredi 21 février 2007
Le Zyprexa, c'est la star des antipsychotiques de nouvelle génération. Voilà dix ans qu'il a envahi le marché. Qu'il rapporte au laboratoire pharmaceutique Eli Lilly, son fabricant, 4,2 milliards de dollars par an. Près de 20 millions de personnes dans le monde en ont pris ou en prennent. Et ce n'est pas fini. Le marché de la «schizophrénie» est énorme. Et captif, car les malades sont atteints à vie. Donc condamnés, des années durant, à avaler leurs petites pilules. Pour Eli Lilly, c'est mieux qu'une niche, car, comme le note le dossier de presse du laboratoire américain, «la schizophrénie est une affection chronique touchant 1 % de la population mondiale... On estime en France que près de 600 000 personnes en sont affectées».
[…] Selon une série de documents internes confidentiels révélés fin 2006 par le New York Times, la firme serait coupable de dissimulation, en ayant cherché, dès le départ, à minorer les effets secondaires du Zyprexa.
[…] Outre-Atlantique, les procès sont plus qu'une menace. En 2005, Lilly a versé 700 millions de dollars de dommages et intérêts à 8 000 patients rendus malades par le Zyprexa. Le 5 janvier dernier, le laboratoire accepte le paiement de 500 millions de dollars pour mettre fin à une cohorte de 18 000 plaintes. Des indemnités beaucoup moins généreuses parce que, entretemps, la Food and Drug Administration, l'autorité sanitaire américaine, a fini, en 2003, par assortir le Zyprexa, comme d'autres antipsychotiques, d'une mise en garde très claire sur les effets secondaires de diabète. Mais 1 200 autres pourvois pendent au nez de Lilly. La firme, privilégiant le règlement amiable, avait obtenu une clause de confidentialité des plaignants. Jusqu'à ce qu'un avocat spécialiste de la défense des malades mentaux, James Gottstein, brise la loi du silence et transmette fin 2006, à un journaliste du New York Times, les milliers de pages de documents internes que Lilly voulait garder secrètes...
Source : © Eric FAVEREAU, Libération.fr
"Big Pharma" nous surveille
Point de vue
par Jacques Juillard et Bruno Toussaint
LE MONDE | 27.09.06 | 14h21 • Mis à jour le 25.12.06 | 12h23
Depuis quelques années, les firmes pharmaceutiques ont investi dans la fidélisation de leurs "clients", les patients, sous prétexte de les aider à bien suivre leurs traitements chroniques. […] Les députés français doivent bientôt se prononcer sur un projet de loi [qui] prévoit que les firmes pourront mettre en place des "dispositifs individualisés (relance téléphonique, numéro vert, éducation personnalisée pour les patients, envoi d'infirmiers à domicile, etc.)". Ainsi la boucle serait bien bouclée dans un monde organisé par "Big Pharma" : forte implication dans la "formation" initiale et continue des professionnels et dans l'"information" des patients, influences déterminantes dans le processus d'autorisation de mise sur le marché des médicaments, et, pour clore le dispositif, contrôle du malade pour être sûr qu'il prend bien toutes ses gélules et atteint bien son quota de consommation...
Il est temps de mettre un terme à cette dérive dangereuse. L'un des constats d'un rapport sénatorial récent sur le médicament (Le Monde du 14 juin 2006) était l'omniprésence des conflits d'intérêts et la confusion des genres qui sévit dans le monde médico-pharmaceutique. Avec ces nouveaux programmes, elle deviendrait totale : comment imaginer qu'une firme, juge et partie, soit en mesure d'expliquer à un patient qu'il ferait mieux d'arrêter son traitement ou d'en changer ? Les patients que nous sommes tous ont besoin que les parlementaires en débattent sur le fond et refusent d'en être dessaisis par voie d'ordonnance.
Jacques Juillard est président de l'association Mieux prescrire.
Bruno Toussaint est directeur de la rédaction de la revue Prescrire.
Article paru dans l'édition du 28.09.06
Source : © Le Monde. © Jacques Juillard, Bruno Toussaint.
Voir aussi : «Programmes d’aide à l’observance » des firmes pharmaceutiques: non merci! (format pdf).
L’industrie pharmaceutique et la recherche
par Michel Minard, psychiatre
[…] Malgré les criaillements de l’industrie pharmaceutique qui passe son temps à prétendre qu’on l’égorge, ses bénéfices sont donc énormes, son potentiel de croissance immense et, dit Guiraud-Chaumeil, « c’est un des rares secteurs qui traversent sans encombre la période trouble que nous vivons actuellement […]. La récession ne ralentit pas la consommation de médicaments et le vieillissement de la population assure un taux de croissance prometteur pour les prochaines années ». On comprend mieux la vague actuelle du tout-chimique en psychiatrie : ça soigne peut-être, ça rapporte sûrement !
[…] L’exemple typique de la recherche pharmacologique frauduleuse est décrite par Wells. Un psychiatre de Durham, réputé pour sa compétence et son honnêteté, fait une recherche pour un laboratoire pharmaceutique sur une molécule antidépressive. Un samedi après-midi, il entre ses quinze patients dans l’étude en inventant la moitié des informations. L’attention du laboratoire est attirée par la promptitude et l’aspect trop net et trop complet de son travail. Il entre dans une deuxième étude multicentrique sur un trycyclique, sans préciser qu’il est en train d’en faire sept autres. Le laboratoire finit par découvrir que les résultats d’examens biologiques sont fantaisistes, essaie d’interroger l’investigateur qui affirme qu’il n’est pas seul dans cette étude, étant aidé par une collègue dont il a mystérieusement oublié le nom et qui a quitté l’hôpital. On finit par la retrouver, elle dément et l’investigateur est chassé de son hôpital.
Et les Français ? Nous y arrivons ! Un article de Lagarde, chef du corps des pharmaciens, inspecteur au ministère de la Santé, et Maisonneuve, président des laboratoires Belmac, intitulé : « Fraude dans la recherche clinique, de la préparation des échantillons à la publication : la scène française ». Les auteurs écrivent : « Jusqu’à il y a un an, les scientifiques français ne semblaient pas concernés par les mauvaises conduites dans la recherche médicale. Les directives spécifiques pour prévenir la fraude, la divulgation et la publication des cas prouvés, les articles sur le sujet sont encore rares en France […]. Mais les temps sont en train de changer et les scientifiques et les autorités françaises ont dès à présent commencé d’agir pour prévenir ces mauvaises conduites. »
Source : © Michel Minard, revue Sud/Nord, n° 19 –2004/1
26 octobre 2006
Les patients doivent avoir l'esprit critique et agir collectivement
Les patients ont intérêt à savoir qu'en l'état actuel des règles du jeu, la grande majorité des nouveaux médicaments n'apportent pas de progrès thérapeutique, et parfois sont même des régressions thérapeutiques. Ils ont intérêt à savoir que les nouveaux médicaments exposent à davantage d'inconnu que les anciens, dont certains, très bien évalués, restent pendant très longtemps des références non dépassées.
Ils ont intérêt à savoir que la promotion des médicaments utilise les mêmes recettes publicitaires que d'autres marchandises, avec mise en avant de ''leaders d'opinion'' sous l'influence des firmes, et utilisation de média également sous influence.
Ils ont intérêt à savoir que les agences du médicament sont très lentes à réagir aux alertes de pharmacovigilance, et sont capables de laisser pendant des années sur le marché des médicaments dont la balance bénéfice-risque n'est pas favorable.
Et pour contrer tout cela, ils ont intérêt à préférer les professionnels de santé qui choisissent une formation professionnelle indépendante des firmes pharmaceutiques ; et à se regrouper pour exiger plus efficacement la transparence des agences, le financement d'une recherche clinique pertinente, etc.
Source: "Comment éviter les prochaines affaires Vioxx"
© La revue Prescrire 20 janvier 2005.
Le marketing de la santé mentale

L’industrie pharmaceutique invente-t-elle ou redéfinit-elle des
maladies dans le but de vendre toujours plus de médicaments ? Le
psychiatre David Healy en est convaincu, comme de plus en plus de ses
collègues médecins et chercheurs.
Extraits :
Si l’efficacité des “régulateurs de l’humeur” est douteuse et s’ils augmentent le risque de suicide, il faudrait logiquement être très prudent en ce qui concerne la généralisation de leur utilisation. Or on assiste actuellement aux Etats-Unis à une forte hausse des diagnostics de troubles bipolaires chez les enfants. Aujourd’hui, on donne même de l’olanzapine et de la rispéridone à des enfants d’âge préscolaire. Pourtant, ces enfants ne remplissent pas les critères habituels des troubles bipolaires de type I. Les troubles bipolaires chez les enfants ne sont d’ailleurs pas reconnus en dehors des Etats-Unis. Les chercheurs affirmaient encore très récemment que la maladie maniaco-dépressive n’apparaît que très rarement avant l’adolescence. Pourtant, certains spécialistes sont désormais prêts à envisager de détecter les premiers signes de troubles bipolaires dans des comportements hyperactifs de l’embryon dans l’utérus.
Rien que chez les adultes, il existe déjà un fort potentiel pour créer une “épidémie” artificielle de troubles bipolaires parce que les diagnostics se fondent sur des jugements subjectifs, et non pas sur des critères objectifs comme une hospitalisation ou un arrêt de travail d’un mois. Avec les enfants, ce risque est encore plus grand parce que le diagnostic se fonde principalement sur les dires des parents et parce que la plupart des pratiques cliniques font très peu de cas du contexte dans lequel les parents élèvent leurs enfants. A une époque où les deux parents ont souvent de longues journées de travail et où les services de garde d’enfants rejettent les enfants “difficiles”, les médicaments peuvent être le moyen le plus simple de faire face à un problème de comportement.
Certaines études menées dans ce domaine aggravent encore la situation. Des établissements réputés pour leur sérieux, comme le Massachusetts General Hospital à Boston [l’un des hôpitaux les plus prestigieux des Etats-Unis], ont testé l’olanzapine et la rispéridone sur des enfants âgés en moyenne de 4 ans. L’hôpital avait recruté les participants en diffusant à la télévision des publicités disant que les comportements agressifs et difficiles chez les enfants de 4 ans pouvaient être dus à des troubles bipolaires. Quel que soit le jugement que l’on peut porter sur la qualité de ces recherches, cette publicité faisait plus que recruter des enfants ayant réellement des problèmes de comportement : elle laissait entendre que de petits troubles ordinaires doivent être considérés comme une maladie.
L’auteur
Professeur à la faculté de médecine de l’université de Cardiff, au pays de Galles, David Healy, 51 ans, est un spécialiste très controversé des antidépresseurs. Ce psychiatre irlandais a affirmé que certains d’entre eux généraient une forte addiction. Et, surtout, il a montré qu’ils pouvaient encourager les suicides dans certaines conditions – ce que les laboratoires viennent de reconnaître après plusieurs années de déni (voir CI n° 506, du 13 juillet 2000). Il a témoigné en ce sens comme expert dans plusieurs procès qui ont opposé des familles à l’industrie pharmaceutique. Il est l’auteur de treize livres, dont Le Temps des antidépresseurs (éd. Les Empêcheurs de penser en rond, 2002).
© David Healy, Courrier international, New Scientist.
Source: Le marketing de la santé mentale : la psychiatrie sous l’emprise des labos.
New Scientist via Courrier international - n° 820 - 20 juil. 2006
Une pratique de recherche inféodée aux laboratoires
L’influence de l’industrie pharmaceutique mondialisée, avec la caution scientifique de quelques psychiatres, universitaires ou non, payés confortablement par les laboratoires, est problématique et de plus en plus préoccupante.
Pour être bref : les tentations permanentes auxquelles sont soumis les praticiens, toutes disciplines confondues (car il n’y a pas de spécificité psychiatrique dans cette matière), en transforment quelques-uns et risquent d'en transformer de nombreux autres, en toute discrétion, en corrompus passifs.
Les pouvoirs publics se sont, depuis longtemps, désengagés du financement de la recherche en santé mentale. Ainsi, aucune unité INSERM ou CNRS n’est actuellement dédiée à ce thème. Seules quelques thématique ciblée se retrouvent, plus ou moins saupoudrées dans diverses unités (ex : le suicide ou l’Alzheimer).
Ce désengagement entraîne des conséquences en cascade beaucoup plus préoccupantes encore. En effet les plus engagés dans ces travaux de recherche sont obligés de se tourner vers l’industrie pour les financer. D’où, et c’est dans la nature des choses, des orientations biaisées dans le sens des intérêts à court (parfois à moyen terme) des firmes multinationales qui sont passées maîtres pour l’élaboration de stratégies commerciales subtiles. Tant dans ce domaine que dans d’autres, elles sont, actionnaires obligent, à la recherche de profits à court terme.
Pour progresser dans cette hiérarchie il faut publier des recherches. Le lien est donc très étroit et permanent. Qui plus est, ceux qui dirigent la recherche sont, en France, ceux qui contrôlent l’enseignement. Ceux qui dirigent l’enseignement influent sur les grandes orientations de cet enseignement.
Et c’est ainsi que les psychiatres qui sortent actuellement de l’Université (tendance accentuée par le numerus clausus) ont une formation incomplète, en tout cas n’ont pas de formation sérieuse sur les théories et les pratiques psychothérapiques (sauf les « brèves » moins coûteuses pour les assurances) ni sur la santé publique, ni sur les pratiques en secteur, ni sur l’animation d’équipe, car cela n’intéresse pas l’industrie pharmaceutique.
Toutefois il faut noter qu'une réflexion est en cours (au sein du CNUP et de la FFP) pour revoir le contenu de la formation initiale des futurs psychiatres. De même, certaines firmes pharmaceutiques développent des programmes de soins et insertion et des conseils aux usagers. Quelques-uns de ces programmes sont ambitieux et les recherches sont financées sans référence apparente aux produits fabriqués. De plus, l’industrie pharmaceutique participe fortement à l’organisation des Enseignements Post-Universitaire. Un parrainage et un partenariat honnêtes, dans lequel la part publique ne devrait plus être négligeable sont toujours possibles, mais ils nécessiteraient un encadrement plus strict visé par des organismes publics indépendants.
Source : © Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Ministère délégué à la Santé -
De la Psychiatrie vers la Santé Mentale - Rapport de Mission – Juillet 2001 - Dr Eric Piel Dr Jean-Luc Roelandt
La crise des antidépresseurs ou la médecine sous contrôle
Depuis deux bonnes décennies, toute personne un tant soi peu déprimée se voit demander : « T’as pas eu ton Prozac ? ».
Certes, le Prozac a été supplanté par d’autres produits et par ses génériques, mais la question demeure dans l’air, notamment en France, championne de la consommation de psychotropes en Europe.
Charles Medawar nous livre ici une synthèse inspirée de son livre Medicines out of control ? (Les médicaments hors de contrôle), dont les revues britanniques The Lancet et Nature ont loué les qualités.
Selon lui, les antidépresseurs sont un révélateur de la crise de gigantisme que vit l’industrie pharmaceutique, dont la conséquence majeure est que le marketing tend partout à s’emparer de la médecine et de nos esprits.
Voilà maintenant une bonne décennie, le monde pharmaceutique a commencé à être confronté à un problème majeur : la poignée de géants, majoritairement basés aux Etats-Unis, qui domine le commerce international des médicaments est devenue, si l’on suit la théorie économique, non viable sur le long terme. Ce problème a été particulièrement bien mis en lumière par ce que j’ai appelé la « crise des antidépresseurs ».
La justification de l’existence de grandes firmes pharmaceutiques est leur capacité à mettre sur le marché des médicaments nouveaux et utiles.
Or depuis quelques années, il est devenu flagrant que ces « Pharmas » ne sont plus capables de supporter la concurrence et de croître en inventant des produits réellement innovants. Le nombre de « nouvelles entités chimiques » (NEC) lancées chaque année décline constamment : environ 30 par an en 2000, contre deux fois ce nombre vingt ans plus tôt.
La productivité dans l’innovation pharmaceutique recule depuis des lustres, mais les Pharmas se débrouillent pour cacher cette évidence (sans doute même à leurs propres yeux) en procédant de manière répétée à des fusions, des rachats ou à une rationalisation draconienne de la production.
Ces mesures ne font que prolonger l’« agonie » en repoussant un peu plus loin le traitement du problème.
Un gigantisme contre-productif
Car la réalité qui s’est fait jour au début du XXIe siècle est la suivante : les Pharmas sont devenues si énormes qu’elles ne peuvent espérer survivre qu’en créant rapidement des marchés de masse pour leurs « blockbusters » - produits dont les ventes atteignent 500 millions de dollars dans les cinq ans - et pour les médicaments de « bien-être » (lifestyle drugs), comme le sildenafil (Viagra, Pfizer), l’orlistat (Xenical, Roche) ou le finastéride (Propecia, MSD), par exemple [1].
Les grandes firmes pharmaceutiques doivent produire à la chaîne les blockbusters pour couvrir leurs coûts.
La première firme mondiale, Pfizer, a ainsi besoin de commercialiser au moins 6 blockbusters chaque année pour rester dans la course. Ces produits vedettes représentaient 45 % du marché américain en 2001, contre seulement 6 % dix ans plus tôt ; parmi eux, les antidépresseurs en représentent plus de 10 %, en nombre, et leurs ventes atteignent couramment entre 1 et 3 milliards de dollars par an.
L’avènement du Prozac et des antidépresseurs de la même famille a annoncé l’ère d’une innovation pharmaceutique faisant la part belle à un marketing intensif. Celui-ci est apparu comme la seule voie par laquelle les Pharmas pouvaient assurer le retour sur investissement dont elles avaient besoin pour opérer à leur échelle.
Or une part du problème de viabilité des grandes firmes tient justement à leur gigantisme - leur obésité institutionnelle, pourrait-on dire -, qui se trouve accentué par les fusions.
Crise d’efficacité
Autre problème primordial, qui est d’ailleurs relié au précédent : seul un médicament sur quatre représente une vraie avancée thérapeutique par rapport aux produits existants. Résultat : le coût de production d’un médicament utile avoisine 3 à 4 milliards d’euros (si l’on se base sur un coût de développement d’environ 800 M€ par produit). Naturellement, les agences publiques qui achètent ces médicaments s’interrogent sur la valeur santé d’un tel investissement comparé à d’autres.
La question, désormais, est de savoir si les Pharmas sont encore des sources efficaces de médicaments nouveaux et utiles.
Une innovation plus ciblée, réalisée par d’autres acteurs (centres publics de recherche académique, sociétés de biotechnologies), ne serait-elle pas moins coûteuse tout en apportant des gains santé supérieurs ? Une récente estimation suggère par exemple qu’il en coûterait seulement de 100 à 200 M€ pour développer un nouvel anti-tuberculeux, coûts d’échec compris [2].
Le marketing aux commandes
Les problèmes de l’innovation pharmaceutique expliquent largement que les firmes aient grandement misé sur le marketing. Celui-ci n’a de cesse d’affirmer les bénéfices des médicaments comparés à leurs risques, et les promeut plus qu’ils ne le méritent. Sa logique incite aussi les firmes à remettre en question les perceptions des risques de la population et à ignorer ou nier les effets secondaires de toutes sortes, aigus ou plus modérés, qui leur sont attribuables. Les Pharmas utilisent à cette fin toutes les données disponibles, tout en exploitant les liens de dépendance existant entre les gouvernements et le monde médical.
Les années Prozac - les années 1990 - ont donc vu le commerce prendre les rênes de la médecine ; les impératifs commerciaux ont pris le pas sur les priorités et les besoins de santé. En coulisses, les Pharmas orchestrent systématiquement la promotion mondiale de leurs produits et de leurs points de vue, en plaçant et en faisant avancer leurs experts et leurs directeurs.
« Jusqu’à quel point la médecine est-elle ternie ? », se demandait un éditorial de la revue Lancet en 2002 [3]. La réponse était : « lourdement et dommageablement ».
L’histoire du développement du Prozac illustre bien les limites de l’innovation pharmaceutique de ces dernières années. La fluoxétine, le composant actif de cet antidépresseur, n’a pas été conçue comme un traitement contre la dépression : longtemps après qu’elle eut été synthétisée, en 1972, le fabricant, Eli Lilly & Co, se demandait à quelle indication la destiner. Il savait que la fluoxétine agit sur un neuromédiateur cérébral, la sérotonine - elle facilite sa libération dans les neurones qui en sont privés -, mais Eli Lilly n’avait pas démontré d’efficacité supérieure par rapport aux antidépresseurs déjà commercialisés - inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), et tricycliques, dont certains qui exerçaient un petit effet sur la sérotonine. Aussi les premières évaluations de la firme l’amenait-elle à conclure : « nous ne développerons pas la fluoxétine comme antidépresseur. »
De nouveaux inhibiteurs
Pourtant, dès le début des années 1990, le Prozac est devenu rapidement le produit leader d’une nouvelle classe d’antidépressseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, ou SSRI). Il a engendré d’autres blockbusters, connus en France sous les marques Deroxat (paroxétine), Zoloft (sertraline), Seropram (citalopram), Effexor (venlafaxine) et qui dominent aujourd’hui le marché pharmaceutique de la dépression.
Nous savons désormais qu’aucun de ces nouveaux médicaments - le Prozac inclus - n’est plus efficace que les autres antidépresseurs, dont certains qui ont été développés voilà 30 ou 40 ans.
En même temps, nous prenons conscience tardivement que ces médicaments présentent de sérieux risques secondaires, dont celui d’induire une dépendance.
Les deux médicaments les plus contestables de ce point de vue sont la paroxétine (Deroxat, GlaxoSmithKline) et la venlafaxine (Effexor, Wyeth). Tous deux peuvent induire des symptômes de sevrage, mais depuis des années les fabricants nous expliquent qu’ils traduisent simplement une « rechute », la résurgence de la « maladie » originelle.
Le même scénario s’est déroulé avec des tranquillisants comme le Valium (diazepam) 20 ans plus tôt, et encore 20 ans auparavant avec les barbituriques.
Dix ans après la mise sur le marché de la paroxétine aux États-Unis, sous le nom de marque Paxil, le fabricant, GlaxoSmithKline, affirmait encore que les symptômes de sevrage étaient généralement légers et rares - 2 cas pour 1 000, affirmait-il - ... jusqu’au 25 juin 2003.
Soudainement et comme si de rien n’était, la firme révisa sa position pour estimer que le risque était désormais de 25 %. En une nuit, celui-ci avait donc été multiplié par 125 !
Paroxétine : + 8,2 % de croissance annuelle en France !
En conséquence, des millions de personnes sont devenues « accro » à la paroxétine et à d’autres ISRS. Ce nombre considérable indique jusqu’où vont les fabricants pour promouvoir l’utilisation la plus large possible de leurs antidépresseurs, et l’efficacité des méthodes qu’ils emploient. Ainsi, en Angleterre, les prescriptions d’antidépresseurs ont plus que triplé depuis le lancement des ISRS.
En France, l’un des plus gros consommateurs de psychotropes en Europe, 11,5 millions de boîtes de Deroxat (classé en 5e position des ventes de médicaments) ont été vendues en 2003, soit une croissance de 8,2 % en un an, selon le dernier rapport de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), rendu public le 2 septembre dernier.
Les efforts marketing des Pharmas ont été particulièrement couronnés de succès aux États-Unis, notamment depuis 1997, lorsque l’agence fédérale d’autorisation des médicaments, la FDA (Food and Drug Administration) a autorisé la publicité directe au consommateur (DTCA, Direct-To-Consumer Advertising). En cinq ans, les dépenses de DTCA sont passées de presque rien... à 2,5 milliards de dollars par an ! Publicité pour le Prozac Publicité pour le Prozac. Aux États-Unis, la publicté directe pour les médicaments (DTCA) a eu un impact énorme sur la consommation.
Comment élargir une indication ?
Ce basculement a été un facteur majeur de croissance du marché des antidépresseurs. Il a été particulièrement précieux pour les fabricants en leur donnant la possibilité de proposer de nouvelles « indications » pour les ISRS. Le Paxil a ainsi été repositionné comme remède contre l’anxiété et autres syndromes voisins.
Cinq ans après son lancement aux États-Unis comme antidépresseur stimulant de l’action de la sérotonine, il devenait un produit « anti-SAD », le SAD (Social Anxiety Disorder, trouble d’anxiété sociale) étant caractérisé notamment par l’angoisse ressentie devant un auditoire. Un flot d’articles et de plaquettes informait les médecins de la grande détresse provoquée par cette condition - alors que, parallèlement, la presse populaire l’attribuait à la timidité et à l’embarras.
Soudainement, le SAD devint la troisième cause de maladie mentale aux États-Unis. En fait, ce syndrome était le pur produit d’une campagne dirigée par une coalition d’associations de patients et de professionnels, mais orchestrée par l’agence de relations publiques de Glaxo.
Dans un entretien avec la revue Advertising Age [4], le directeur de campagne l’a reconnu : « Tout spécialiste du marketing rêve de trouver un marché non identifié ou inconnu et de le développer. C’est ce que nous avons réussi à faire avec le trouble d’anxiété sociale. »
Par la suite, le Paxil a reçu l’approbation de la FDA pour une indication plus large, un syndrome « attrape-tout », sombrement dénommé « trouble anxieux généralisé » (Generalized Anxiety Disorder, GAD). Le relâchement des règles publicitaires permit la diffusion de spots télévisés vers les professionnels de 18-34 ans, avec des slogans du genre : « et si vous étiez allergique aux gens ? », ou « Votre vie vous attend ».
Puis, fin 2001, vint une indication contre « l’état de stress post-traumatique » (EPST, Post-Traumatic Stress Disorder, PTSD). Après le 11 Septembre, le Paxil pouvait bien encore servir...
La controverse sur le risque suicidaire
Le problème est que les antidépresseurs ISRS induisent un risque de suicide et de violence non négligeable. Même relativement faible - de l’ordre de 2 à 3 % - ce risque, appliqué à des millions d’utilisateurs, signifie tout de même que des dizaines de milliers de personnes peuvent être confrontées à ces effets secondaires suicidaires. Les autorités européennes, britanniques et américaines, y compris dans ce derniers cas au niveau du Congrès, étudient activement cette question [5].
Plus la crise des antidépresseurs se développe - le processus officiel ne fait que commencer - plus il est clair que les instances de régulation, et jusqu’à un certain point les professions médicales, y ont elles-mêmes contribué.
Jusque récemment, les premières ont omis constamment d’enquêter sur le problème, ignorant les nombreux signaux d’alarme rapportés par les utilisateurs ; opérant dans le plus grand secret, elles ont fourni une première ligne de défense aux Pharmas, au lieu de les inciter à prendre en compte ces signaux.
Ainsi leur ont-elles permis de recommander des doses excessives d’antidépresseurs ISRS pour de nombreux patients. Elles ont à répondre de cela, notamment en raison des conflits d’intérêt en jeu dans cette attitude.
En Grande-Bretagne, l’absence de sensibilité des autorités aux conflits d’intérêt est mise en exergue par la composition du « groupe de travail indépendant » sur la publicité (Independant Review Panel on advertising) installé par l’agence de régulation du médicament, la MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency). 7 de ses 8 membres actifs sont actionnaires de sociétés pharmaceutiques dont ils sont censés inspecter les produits !
Le problème n’est sans doute pas limité au Royaume-Uni. Qui connaît l’échelle des conflits d’intérêt ailleurs dans l’Union européenne ? Paradoxalement, la prééminence de la MHRA parmi les agences nationales du médicament fait naître une certaine inquiétude...
La surmédicalisation de la société
Le cœur de la crise des antidépresseurs n’est pas tant que ces produits puissent causer des effets secondaires graves que le fait que l’on a autorisé qu’il en soit ainsi malgré les indices de risque et des précédents marquants (benzodiazépines, barbituriques). À supposer que cette crise fasse un jour l’objet d’investigations objectives, des choses pas très reluisantes risquent d’apparaître, et la question de savoir ce qu’est la médecine et ce qu’elle doit être se posera une nouvelle fois.
Cette histoire concerne des produits pharmaceutiques qui agissent sur le mental, mais elle illustre ce qui semble se produire avec de nombreux autres médicaments, dont l’abus est de plus en plus répandu.
Plus encore, elle souligne le lien unissant les deux crises mondiales majeures des systèmes de santé : la sous et la surconsommation de médicaments. Les inégalités de santé et l’accès inégal aux médicaments essentiels dominent l’ordre mondial ; en même temps, le marché américain illustre bien la médicalisation de la vie quotidienne qui est en train de gagner l’ensemble de la planète : de plus en plus de gens sont persuadés que la santé est le produit de l’évitement assidu de tout risque, d’une vigilance aiguë vis-à-vis des maladies et d’une consommation de routine de médicaments.
Mais que se passera-t-il lorsque nous serons tous en état d’alerte permanent vis-à-vis des menaces ou des afflictions, incités à nous faire examiner le corps et l’âme au moindre signe pathologique ?
La publicité directe et la publicité dite de « disease awareness » (qui « éveille l’attention » du consommateur sur une maladie et un traitement) promeuvent-elles réellement la responsabilité individuelle, la sensibilisation aux questions de santé, la capacité des gens à contrôler les facteurs de leur qualité de vie (« empowerment »), et leur capacité à choisir ?
Ou bien les aident-elles à se sentir malades, créent-elles des fardeaux qu’aucun système public de santé ne pourra jamais supporter ?
La médecine guidée par le marketing semble maintenant avoir dépassé le point à partir duquel les bénéfices sanitaires ne font que régresser. Si la santé est bien l’objectif désiré, y a t-il un sens à investir dans l’innovation et la consommation pharmaceutique en s’alignant sur les conditions dictées par les Pharmas ?
L’histoire des antidépresseurs suggère qu’il n’y a pas de meilleure alternative - et pas de plus radicale - que d’affirmer que la médecine génère plus de santé quand elle est allie honnêteté des pratiques scientifiques et valeurs humaines et démocratiques.
La médecine pharmaceutique a encore un long chemin à parcourir pour y parvenir.
[1] R. Moynihan et al. (2002) Selling sickness : the pharmaceutical industry and disease mongering, BMJ 324:886-891. En ligne sur http://bmj.bmjjournals.com/. [2] Global Alliance for TB Drug Development, The Economics of TB Drug Development, 2001. En ligne ici. [3] Lancet 359:1167, 6 avril 2002. Accès libre après inscription sur http://www.thelancet.com/. [4] B. Hawkins (2002) « Paxil is forever », City Pages 23, 1141, 16 October 2002. En ligne ici. [5] E. Check (2004) Nature 431 : 122-124, 9 septembre.
Charles Medawar, 4 octobre 2004
Spécialiste de la politique du médicament, directeur de Social Audit, filiale du Public Interest Research Centre (PIRC), entreprise financée par le Joseph Rowntree Charitable Trust, Charles Medawar est l’auteur, avec Anita Hardon, de « Medicines out of Control ? Antidepressants and the Conspiracy of Goodwill », Aksant Academic Publishers, Pays-Bas, 2004.
Source: © Charles Medawar, Eco et Santé.
07 septembre 2006
Les grands laboratoires…
"Les grands laboratoires ne sont rien d'autre que des marchands d'armes en blouse blanche."
Extrait du film The Constant Gardener.
Scénario : Jeffrey Caine, d'après le roman de John le Carré : La Constance du jardinier.
Réalisation : Fernando Meirelles
Prix du meilleur film indépendant britannique, meilleur acteur (Ralph Fiennes) et meilleure actrice (Rachel Weisz), lors des British Independent Film Awards 2005.
Nomination au prix du meilleur réalisateur lors des Prix du cinéma européen 2005.
Golden Globes 2006 : Meilleur second rôle féminin pour Rachel Weisz.
Nomination au Lion d'or de Saint Marc, lors de la Mostra de Venise 2005.
Oscars 2006 : Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Rachel Weisz.
Voir aussi John Le Carré accuse ! Le terrorisme médico-pharmaceutique.
02 septembre 2006
Santé mentale: liens entre experts définissant les troubles mentaux et les compagnies pharmaceutiques
Tous les psychiatres experts impliqués dans l'écriture des critères pour des troubles comme la dépression et la schizophrénie ont des liens financiers avec les compagnies pharmaceutiques qui vendent des médicaments pour ces maladies, selon une nouvelle analyse.
Des 170 experts qui ont contribué au manuel qui définit les troubles mentaux (le DSM IV: The Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) qui vont des troubles de la personnalité à la dépendance aux drogues, plus de la moitié avaient de tels liens, incluant 100% des experts qui ont participé aux groupes de travail sur les troubles de l'humeur et les troubles psychotiques.
L'analyse ne révèle cependant pas pas l'étendue de leurs relations avec l'industrie ou si ces liens ont précédé ou suivi leur travail sur le manuel.
"Je ne pense pas que le public soit conscient que les liens financiers soient si importants dans le champ de la psychiatrie" dit Lisa Cosgrove, psychologue clinicienne à l'Université du Massachusetts à Boston, qui a publié cette analyse dans le journal Psychotherapy and Psychosomatics.
Cette analyse arrive alors que la polémique grandit au sujet de la hausse de l'utilisation de la médication comme principal ou unique traitement pour plusieurs troubles psychiatriques, une tendance amenée en partie par les définitions des troubles mentaux dans le manuel psychiatrique (DSM IV).
Cosgrove a commencé cette recherche, raconte-t-elle, après avoir découvert que 5 des 6 membres du comité étudiant si certains problèmes prémenstruels sont des troubles psychiatriques ont des liens avec la compagnie pharmaceutique Eli Lilly & Co. qui cherche à promouvoir le Prozac pour traiter ces symptômes. Le processus de définition de tels symptômes, dit-elle, est loin d'être scientifique. "Vous seriez consternés de voir à quel point le processus peut être politique."
[…] Le DSM définit les troubles en termes d'ensemble de symptômes. Alors que les "neurosciences" et la génétique révèlent des aspects biologiques à plusieurs troubles, la psychiatrie a tendance à ignorer les facteurs sociaux, psychologiques et culturels dans sa poursuite d'explications biologiques et de traitements.
"Comme profession, nous avons permis au modèle biopsychosocial de devenir le modèle bio-bio-bio" selon Steven Sharfstein, président de l'American Psychiatric Association. "Si nous sommes vus comme de simples "pushers" de médicaments et employés de l'industrie pharmaceutique, dit-il, notre crédibilité comme profession est compromise."
Source : © http://www.psychomedia.qc.ca
Posté le 20 avril 2006
Article complet (en anglais): www.washingtonpost.com
