Comité du Médicament du CHU de Toulouse                                                     Toulouse, 13/07/06

SERVICE DE PHARMACOLOGIE CLINIQUE
Professeur Jean-Michel SENARD
Faculté de Médecine
37 allées Jules Guesde
31000 TOULOUSE
Téléphone : 05-61-14-59-61
Télécopie : 05-61-25-51-16
Mel. : senard@cict.fr

SERVICE DE PHARMACIE
Docteur Jean-Jacques TIRAVY
Pharmacie Hôpital Rangueil
Avenue Jean Poulhes, TSA 30030
31059 TOULOUSE Cedex 9
Téléphone : 05-61-32-28-85
Télécopie : 05-61-32-29-94
Mel. : tiravy.jj@chu-toulouse.fr


COMITE DU MEDICAMENT EN NEUROLOGIE
Bulletin d’information 2006 ; n°3
Juillet-Août-Septembre

3. INFORMATIONS DE PHARMACOLOGIE CLINIQUE

3.1. « Blackbox » pour les médicaments du syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention.
Le 9 février dernier, le Comité de PharmacoVigilance (PV) de la FDA a voté pour l’ajout d’une mise en garde (« Blackbox ») pour les médicaments du syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention. Ces produits [diverses amphétamines (Adderall et autres, non commercialisées en France) et méthylphenidate (dans notre pays : Ritaline, Concerta)] sont largement consommés aux USA, tant chez les enfants (2,5 millions, soit 1 sur 10 enfants âgé de 10 ans !) que chez les adultes (1,5 millions, dont 10% de plus de 50 ans !). Dans ces deux populations, on a rapporté aux structures de PV américaines de nombreux infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux ou encore morts subites (NEJM, 2006, 354, 1445). Rien d’étonnant quand on connaît les propriétés de base du méthylphenidate, qui n’est rien d’autre qu’un dérivé amphétaminique, majorant (comme toute amphétamine) la libération de noradrénaline (et autres monoamines) des terminaisons nerveuses périphériques et centrales. Ainsi, on attendra avec le méthylphenidate des effets sympathomimétiques: hausse tensionnelle (Aderral élève la pression sanguine artérielle de 5 mm Hg en moyenne), tachycardie, troubles du rythme cardiaque, décompensation d’insuffisance cardiaque, hyperglycémie… En Europe, la consommation de méthylphenidate s’avère moindre qu’aux USA. Devons nous tout de même accepter la généralisation de telles pratiques contraires à toute logique pharmacologique? Est-il raisonnable de laisser des organismes en développement ou des adultes toute une vie sous sympathomimétique ? Les exemples récents de PV des autres sympathomimétiques [le «décongestionnant nasal» phénylpropanolamine (PPA) ou les ephédrine, pseudoephédrine, ma huang utilisés pour perdre du poids] plaident, évidemment, formellement contre cette possibilité.

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