PSYCHIATRIE : AIDE OU TRAHISON ?

Il est urgent de réformer la psychiatrie et ses pratiques "médicales" frauduleuses et dégradantes qui violent les droits de l'Homme. Psychiatrie : la fin d'une imposture.

21 avril 2007

Effets nocifs de la Ritaline et autres psychostimulants

Tableau I : Effets nocifs de la Ritaline (Rilatine), de la Dexedrine, de l’Adderall et des psychostimulants similaires

Les dangers du méthylphénidate, molécule de la Ritaline et du Concerta, et d'autres psychostimulants ont été recensés en 2000 par le Dr Breggin, fondateur de l’International Center for the Study of Psychiatry and Psychology (ICSPP) (Centre international pour l’étude de la psychiatrie et de la psychologie).

Certains termes ont été définis dans le glossaire de ce site. Cliquer sur les termes apparaissant sous forme d'hyperlien.

Cardio-vasculaire
Palpitations.
Tachycardie.
Arrêts cardiaques.
Hypertension.
Arythmie.
Douleurs thoraciques. 

Système nerveux central
Psychose avec hallucinations (dépression psychotique et manie).
Stimulation cérébrale excessive (convulsions).
Somnolence, «dopé», moins alerte.
Confusion.
Insomnie.
Agitation, anxiété, irritabilité.
Nervosité (hostilité).
Dysphorie.
Diminution des performances aux tests cognitifs.
Dyskinésies, tics.
Habitudes nerveuses (par ex. se pincer la peau, se tirer les cheveux).
Stéréotypies et compulsions.
Dépression, sensibilité exacerbée. 
Pleurs faciles.
Retrait social.
Diminution de l’affect et de la spontanéité.
«Zombie like».

Gastro-intestinal
Anorexie.
Nausée.
Vomissements.
Douleurs et crampes gastriques.
Sécheresse buccale. 
Constipation. 
Altération des tests hépatiques. 
Mauvais goût. 
Diarrhée.

Endocrine-Métabolique
Dysfonctions hypophysaires incluant des perturbations de l’hormone de croissance et de la prolactine.
Perte de poids.
Retard de croissance.
Interruption de la croissance.
Perturbations de la fonction sexuelle.

Autres
Céphalées.
Troubles de la vision.
Vertiges.
Hypersensibilité (réactions avec picotements, conjonctivite, urticaire).
Perte des cheveux. 
Dermatose exfoliative. 
Anémie.
Leucopénie.
Énurésie.
Fièvre inexpliquée.
Douleurs articulaires.
Sudation inhabituelle.

Sevrage et rebond
Insomnie.
Dépression.
Hyperactivité et irritabilité.
Rebond: exacerbation des symptômes «THADA».

Voir aussi le document Le scandale de la Ritaline (format pdf).

Source : témoignage du Dr. Breggin devant le Congrès américain, 29 septembre 2000. Traduction : Docteur Jean Philippe Labreze. © Springer Publishing Co./Dr. Breggin.

Notes : ces données sont tirées de Arnold et Jensen (1995, Table 38-5, p. 2306), Drug Enforcement Administration (1995, p. 23), Dulcan (1994, Table 35-6, p. 1217), et Maxman et Ward (1995, pp. 365-6). D’autres informations additionnelles proviennent de la Food and Drug Administration (1997, Mars) et sont indiquées entre crochets. *Arnold et Jensen (1995, Table 38-5, p. 2306, Table 38-7, p. 2307, et colonne 2, p. 2307). **Arnold et Jensen (1995). ***Pour le méthylphénidate seulement. ****pour la dextroamphétamine seulement.

À quoi il faut ajouter :

- Cœur de cocaïnomane***
- Accès de colère, violence
- Idées et pulsions suicidaires
- Passage à l'acte suicidaire
- Automutilation
- Envies de meurtre


Tableau II : Effets stimulants communément pris à tort comme « bénéfiques »
par les cliniciens, les enseignants et les parents chez les enfants diagnostiqués TDAH

Effets adverses des psychostimulants communément pris à tort comme une amélioration par les cliniciens, les enseignants et les parents mais qui traduisent en fait une réelle souffrance de l'enfant.

Effets obsessionnels-compulsifs
- Persistance compulsive dans des activités pourvues de peu de signification (appelée "comportement stéréotypique" ou "persévératif")
- Majoration du comportement obsessivo-compulsif (par ex. répète sans fin certaines tâches ou actions avec un manque total d'efficacité)
- Rigidité mentale (appelée "persévération cognitive")
- Rigidité de la pensée
- Trop borné ou attention excessivement focalisée

Effets de retrait social
- Retiré socialement et isolé
- Inhibition globale du comportement social
- Socialisation et communication restreintes
- Désinvestissement des relations avec les parents et les autres enfants
- Davantage de jeux solitaires et diminution de l'activité ludique en général

Effets inhibiteurs sur le comportement

- Docile dans des environnements structurés; inhibé socialement, passif et soumis
- Maussade, inhibé, apathique, léthargique, somnolent, hébété et fatigué
- Terne, émotion monotone, absence d'humour, absence de sourires, déprimé et triste, avec des accès de pleurs fréquents
- Manque d'initiative et de spontanéité, de curiosité et de plaisir

Source : témoignage du Dr. Breggin devant le Congrès américain, 29 septembre 2000. Traduction : Docteur Jean-Philippe Labreze. © Springer Publishing Co./Dr. Breggin.

© Dr Breggin.


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14 avril 2007

Suicides d'adolescents : et si c'étaient les drogues psy ?

Une "forte corrélation" entre la prescription des psychotropes et le taux de suicide

« En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, la première cause étant les accidents de la route. Les chiffres représentent 16 % de la mortalité dans cette tranche de la population. Il semble que les décès par suicide avant 15 ans ne soient pas répertoriés avec la même précision par les services hospitaliers d’urgence, bien que ce drame soit également réel.
L’Union nationale pour la prévention des suicides (UNPS), qui fédère une vingtaine de grandes associations de lutte contre ce fléau, a mené en France une étude sur la relation entre la surconsommation de psychotropes et le suicide. Son enquête a porté sur 308 habitants de Saint-Étienne et de Lyon de tous âges qui se sont donné la mort entre mai 2003 et octobre 2004. La population, bien connue des services de médecine légale, a été comparée à des sujets témoins. "Il en ressort une forte corrélation entre l'augmentation récente de la prescription de psychotropes et l'acte suicidaire, révèle un des rapports d’étude. Près de 90% des femmes et 60% des hommes suicidés prenaient des psychotropes durant les six mois précédant l'acte. La corrélation est encore plus marquée à moins d'un mois du passage à l'acte."
Selon l’enquête de l’UNPS, la mort par suicide résulte d’une polythérapie, avec des ordonnances à rallonge, principalement d'antidépresseurs, mais également d'hypnotiques et de tranquillisants.

Une autre étude a été conduite par le GTNDO, le Groupe technique national de définition des objectifs de l’INSERM. Cette structure spécialisée procède régulièrement à l’analyse des grands problèmes de santé publique afin de donner des avis techniques sur les mesures à prendre dans des domaines sanitaires. Le rapport intitulé Comportements de consommation de produits psychoactifs qu’a publié le GTNDO sous le timbre du ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées est éloquent. Son document mis à jour il y a quelques années, dresse le bilan suivant : "Médicaments psychotropes – Nombre de décès attribuables : Inconnu. Parmi les surdoses constatées par les services de police en 2000, les benzodiazépines  apparaissent comme produit associé dans 10 cas sur 120. […] Dans la population générale, l’usage d’anxiolytiques peut avoir un effet paradoxal (effet désinhibiteur) susceptible de favoriser des passages à l’acte (avec des conséquences en terme de prises de risque et de délinquance). La consommation à long terme est susceptible d’entraîner chez certains sujets des dépressions."
Plus loin, on peut lire : "Les personnes en crise suicidaire recherchent activement des solutions pour apaiser leur souffrance. […] Dans les 15 derniers jours, 20 à 40 % des personnes qui vont faire une tentative de suicide ont consulté leur généraliste, en cas de suivi psychiatrique, 10 à 50 % ont consulté leur psychiatre. La sous-estimation du risque de tentative par les professionnels de santé a été mesurée par des auteurs comme Appleby. Seuls 15% des sujets qui feront une tentative dans la semaine ont été identifiés comme à risque sur une population de 1 040 suicides."


Risque suicidaire multiplié par 100 à 200 pour les patients hospitalisés en psychiatrie


Dans un autre rapport mis à jour en avril 2003, le GTNDO souligne la carence des professionnels de la santé mentale dans la détection des adultes hantés par les idées suicidaires qui viennent les consulter. Les individus qui se font hospitaliser en psychiatrie ne sont pas mieux lotis : "L’hospitalisation en psychiatrie, précise le document, est aussi une période à risque élevé ainsi que les 4 semaines qui la suivent. Environ 5% des suicides ont lieu à l’hôpital. Dans les 4 semaines qui suivent une hospitalisation en psychiatrie, le risque relatif est multiplié par 100 pour les femmes et par 200 pour les hommes. Ces décès représentent 10 à 15 % de l’ensemble des suicides."
Il est surprenant de constater, à la lecture de tels rapports, qu’en dépit de prescriptions massives de psychotropes, les spécialistes de la dépression et des troubles mentaux sont impuissants à enrayer le fléau du suicide, alors qu'il s'agit de l'une de leurs missions essentielles. On nous dira qu’il est généralement trop tard pour sauver ces malheureux quand ils viennent consulter ou se faire hospitaliser. Sans doute, mais les antidépresseurs et les anxiolytiques qu’on leur prescrit avant qu’ils ne se suppriment n’étaient-ils pas justement destinés à les aider à surmonter leur souffrance psychique et à éviter qu’ils n’en arrivent à cette extrémité ? Au contraire, il apparaît, comme nous l’avons vu plus haut dans les conclusions d’une étude de l’UNPS, que le nombre d’actes suicidaires se trouve augmenté par l’usage de la pharmacopée psychiatrique.

Plusieurs milliers d’enfants sous antidépresseurs

Chez l’adulte, les antidépresseurs les plus utilisés en France sont le citalopram (Seropram), l’escitalopram (Seroplex), la fluoxétine (Prozac), la fluvoxamine (Floxyfral), la miansérine (Athymil), le milnacipran (Ixel), la mirtazapine (Norset), la paroxétine (Deroxat), la sertraline (Zoloft), la venlafaxine (Effexor). L’atomoxétine et le reboxétine ne sont pas autorisés.
L’emploi des antidépresseurs ISRS est généralement déconseillé en France chez l’enfant et l’adolescent. Certains sont même contre-indiqués chez les moins de 15 ans et chez les moins de 18 ans. Seuls deux antidépresseurs IRS, le Zoloft et le Floxyfral possèdent une indication chez l'enfant et l'adolescent dans le traitement des TOC (troubles obsessionnels compulsifs), de certains troubles de l’hyperactivité et de la dépression. L'atomoxétine, non employée en France, est indiquée dans certains pays de l'Union européenne dans le traitement du TDAH.
Cependant, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de la Santé et des Solidarités rapporte que les ventes d'antidépresseurs (tous âges confondus) en France ont été multipliées par sept en vingt ans. En dépit des assurances selon lesquelles ces substances sont rarement prescrites aux enfants, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à être traités avec cette classe particulière de psychotropes.

Une enquête de l'Assurance maladie indiquait qu’en 2003, plus de 6 000 enfants et adolescents suivaient une cure médicamenteuse contre la dépression. Ces chiffres de l’emploi des antidépresseurs semblent corroborés par ceux publiés dans un document de juin 2005 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Ce texte, intitulé Troubles mentaux – Dépistage et prévention chez l’enfant et l’adolescent contient le compte rendu d’une réunion du 8 mars 2005  entre des spécialistes de la psychiatrie, des autorités sanitaires et des médecins. Il révèle que, selon les chiffres de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, 40 000 enfants et adolescents seraient traités chaque année pour un diagnostic de dépression, et qu’environ 10 à 20 % des cas feraient l’objet d’un traitement médicamenteux. La classe des antidépresseurs ISRS représenterait 80 % des prescriptions.

Vous avez dit suicides ???

La lecture du document de l’Agence française de sécurité sanitaire est édifiante. Selon le compte rendu de la réunion professionnelle, "les experts, dans l’ensemble, se montrent réservés quant à la réalité d’une augmentation du comportement suicidaire chez les enfants et les adolescents traités par antidépresseurs." Une des raisons invoquées est qu’ "aucune augmentation du nombre de suicides n’a été observée, en France, depuis la mise sur le marché des IRS; ceci est confirmé par certaines données épidémiologiques internationales." En outre, "la mise en route d’un traitement, y compris psychothérapeutique, peut elle-même induire un comportement suicidaire". Enfin : "peu d’experts ont été confrontés au suicide d’adolescents et lorsque cela était le cas, il ne s’agissait pas de sujets traités." Résultat : "l’utilisation des antidépresseurs se faisant majoritairement en dehors de schémas validés, les prescripteurs (représentés dans la réunion) demandent une grande souplesse de prescription et un meilleur accès aux informations […] Quant à d’éventuelles mesures de restriction, elles sont considérées comme plutôt dommageables, aussi bien par ceux qui ne seraient pas à priori directement touchés, comme les spécialistes hospitaliers, que par les prescripteurs plus occasionnels, comme les médecins généralistes. Ceci pour plusieurs raisons : - des restrictions compliqueraient une pratique rendue déjà difficile par le manque de structures et de temps disponibles ; - il pourrait y avoir un risque de glissement de la prescription vers des classes thérapeutiques qui ne sont pas forcément adaptées (neuroleptiques, thymorégulateurs), voire potentiellement problématiques (benzodiazépines) ; - enfin, de façon plus marginale, ces mesures augmenteraient le climat anxiogène perçu au niveau des familles, voire l’émergence d’actions en justice."
Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes, le quota du suicide chez les jeunes déprimés sous les effets des ISRS, est normal, n’inquiétons pas indûment les familles qui, de plus, pouraient faire un scandale… Cette prise de position est tout de même assumée par les institutions de l’État : l’AFSSAPS (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), des représentants de la Commission de l’AMM, de l’Ordre des pharmaciens, de l’Ordre des médecins, et de la Fédération française de psychiatrie !

Des effets secondaires "gênants"

Mais de quels antidépresseurs s’agit-il? De substances d’une nouvelle génération, celle de la famille des ISRS, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, dont certains sont préconisés dans le traitement de troubles du comportement associés à l’hyperactivité. Nous allons voir de plus près ce qu’il en est de ces nouvelles drogues psychiatriques. Dans son livre sur l’hyperactivité, le Dr Lecendreux interroge : "Quels sont les médicaments qui peuvent traiter le TDAH?" et répond qu’il existe d’autres classes de médicaments appropriés dans la prise en charge de ce trouble. "[…] D’autres molécules [différentes du méthylphénidate et des dérivés amphétaminiques] plus récentes semblent tout à fait prometteuses. Elles ont des modes d’action différents mais également spécifiques, cette fois sur la noradrénaline. Le modafinil est déjà utilisé avec succès dans des troubles majeurs de la vigilance comme la narcolepsie. Son excellente tolérance pourrait en faire un médicament de choix dans le traitement du TDAH […]. Un nouveau produit, l’atomoxétine […] a montré son efficacité sur les symptômes du TDAH de l’adulte. Sa bonne tolérance et son profil pharmacologique très différent de celui des amphétamines en font un produit très attendu dans les années à venir pour le traitement du TDAH de l’adulte et de l’enfant."
Suit un tableau [dans le livre de Lecendreux] recensant par catégories les médicaments susceptibles d’être utilisés dans le cadre de ce traitement. On y trouve entre autres les psychostimulants à base d’amphétamine (dont nous avons relevé les terribles effets secondaires au début de notre ouvrage), les non-psychostimulants comme l’atomoxétine (commercialisé aux États-Unis sous le nom de Straterra), le modafinil (commercialisé en France sous le nom de Modiodal, destiné à traiter la narcolepsie), des antidépresseurs comme le bupropion (commercialisé en France sous le nom de Zyban, actuellement destiné au sevrage du tabac), des antidépresseurs ISRS comme le citalopram, la fluoxetine (Prozac), la fluvoxamine, la paroxetine, la sertraline, et enfin la venlafaxine, produits dont l’efficacité "n’est plus à démontrer dans la dépression". "En raison d’effets secondaires gênants, ajoute l’auteur sans autre précision, ou d’une moindre efficacité (comparée à celle des stimulants), quelques-uns d’entre eux sont abandonnés." Quoi qu’il en soit, voyons de plus près ce qu’il en est de certains d’entre eux.


Strattera (atomoxétine) : automutilations et suicides chez des enfants


Le principe actif du Straterra produit par les laboratoires Eli Lilly, est l’atomoxétine. Dans un document diffusé par la Direction générale canadienne des produits de santé et des aliments (DGPSA), affiché sur le site web de Santé Canada, on peut lire l’avertissement officiel suivant, extrait d’une lettre publiée par Eli Lilly :

"Le 28 septembre 2005
Objet :
MISE EN GARDE concernant l'atomoxétine qui peut exercer des effets sur le comportement et les émotions pouvant représenter un risque d'automutilation.
Avis aux professionnels de la santé :
Par suite de discussions avec Santé Canada, Eli Lilly Canada Inc. désire vous communiquer d'importants renseignements relatifs à la possibilité que l'atomoxétine exerce des effets sur le comportement et les émotions pouvant constituer un risque d'automutilation.
La mise en garde sera ajoutée à la monographie  de STRATTERA (chlorhydrate d'atomoxétine) et se base sur les renseignements ci-dessous.
POSSIBILITÉ D'EFFETS SUR LE COMPORTEMENT ET LES ÉMOTIONS POUVANT ABOUTIR À UNE AUTOMUTILATION
Pédiatrie : Données d'essais cliniques contrôlés par placebo.
De récentes analyses de données provenant d'essais cliniques contrôlés par placebo ont montré que des pensées suicidaires étaient observées plus fréquemment chez les enfants et adolescents traités par STRATTERA (5/1 357 [0,37 %]) que chez ceux prenant un placebo (0/851). Un cas de tentative de suicide a été signalé parmi les patients traités par l'atomoxétine. Aucun suicide n'a été signalé.
Comme il est mentionné dans la monographie, de très rares cas de pensées suicidaires, de dépression suicidaire, de tentatives de suicide et de suicides ont été signalés chez les enfants, adolescents et adultes après la commercialisation du produit.
Il est recommandé de surveiller étroitement l'apparition de pensées suicidaires ou de tout autre indicateur de risque de comportement suicidaire chez les patients de tous âges, y compris une instabilité émotionnelle ou comportementale.
Renseignements généraux
[…] Les patients peuvent courir de plus grands risques de présenter des réactions indésirables telles que des pensées suicidaires, de l'hostilité et des sautes d'humeur. La personne soignante qui s'occupe de vous ou vous-même devez informer votre médecin immédiatement si l'un ou l'autre de ces symptômes se manifeste ou s'aggrave après le début du traitement par STRATTERA."
[…] Veuillez agréez nos salutations distinguées."

Ce qui ne manque pas de piquant, c’est que la DGPSA pourtant responsable de l'homologation des produits thérapeutiques avant leur mise sur le marché, déclare dans son document n'endosser aucune responsabilité en ce qui concerne le produit incriminé ou la société commerciale qui les fabrique. Les victimes du Strattera qui n’étaient pas informées des risques que le produit faisait courir apprécieront. "Toute question concernant l'information relative à un produit devrait faire l'objet d'une discussion avec votre professionnel de santé" affirme la DGPSA. Parents, ne vous alarmez donc pas si votre enfant se taillade les veines, il suffit d’en parler avec votre médecin. Reconnaissons néanmoins que la DGPSA a fait une partie de son travail en obligeant Eli Lilly à dévoiler ces informations vitales.

De l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a publié le 29 septembre 2005 un Public Health Advisory  (mise en garde sanitaire publique) à l’intention des médecins, concernant les comptes-rendus de pensées suicidaires chez des enfants et des adolescents liées au traitement par Straterra, une drogue approuvée dans le cadre du traitement du TDAH. La FDA s’est vue contrainte d’ordonner à Eli Lilly et Compagnie, le fabricant du Strattera, de rédiger un guide sur ce médicament à destination des patients et des professionnels de santé.
Dans sa note, la FDA demande de surveiller les enfants au sujet de tout risque de troubles qu’ils pourraient manifester à cause du Strattera et cela comprend l’agitation, l’irritabilité, les pensées ou les comportements suicidaires, des changements inhabituels de comportement, notamment dans les premiers mois de la thérapie.
L’analyse de la FDA révèle que 0,4% des enfants traités au Strattera ont manifesté des idées suicidaires contre aucun cas chez ceux qui avaient reçu un placebo au cours des études cliniques. Lorsque l’on sait que, depuis 2002, date de commercialisation du Strattera aux États-Unis, plus de deux millions de jeunes Américains ont consommé ce produit, on a toutes les raisons de craindre que 8 000 enfants et adultes courent le risque de céder à des pulsions suicidaires. Sur ce nombre, combien d’enfants sont depuis passés à l’acte? 100, 500, 1000? Ajoutons que le Strattera pourrait faire l’objet d’études aux fins de sa commercialisation en France.


Paroxetine (Deroxat ou Paxil) : augmentation du risque de malformations congénitales

Le 22 août 2005, c’était au tour du Deroxat d’être sous les feux de la rampe. Ce jour-là, The Times, grand quotidien britannique, aurait annoncé les résultats d'une étude médicale menée sur 1 500 personnes traitées par la paroxétine (un des antidépresseurs les plus prescrits au monde, commercialisé en France sous le nom de Deroxat). Ce document, qui avait été publié dans la revue médicale en ligne BMC Medicine, révélait que les patients qui en avaient consommé étaient exposés à de graves risques suicidaires.
Déjà, en juin 2003, les autorités sanitaires britanniques, la Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) avaient contre-indiqué la paroxétine chez les moins de 18 ans. Dans un communiqué de presse du 10 décembre 2004, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) rappelait que "ces études ne démontraient pas l'efficacité de ces médicaments dans cette indication [la dépression] et suggéraient une augmentation du risque de comportement suicidaire chez les enfants et adolescents traités comparativement aux patients recevant le placebo. Aucun décès par suicide n'avait cependant été rapporté pendant ces études".

Nous avons voulu en savoir plus et avons consulté le site internet de la FDA à la rubrique "Paroxetine". Il s’avère que l’agence sanitaire américaine a émis une mise en garde en décembre 2005 intitulée :

"FDA ALERT [12/2005] : Idées suicidaires et passages à l’acte chez les enfants et les adultes"
Extrait : "Enfants – La prise d’antidépresseurs peut augmenter les idées suicidaires et les passages à l’acte chez 1 personne sur 50 de 18 ans ou moins. Bien que la paroxétine soit prescrite aux enfants, la FDA n’a pas approuvé un tel usage."

Une personne sur 50, c’est-à-dire 2 % : un taux de risque absolument énorme quand on y réfléchit…
Dans le même document, nous découvrons que la paroxétine est impliquée dans des malformations du fœtus.

Extraits : "Augmentation du risque de malformations congénitales.
Des résultats préliminaires de deux études récentes indiquent que la paroxétine augmente le risque de malformations congénitales, notamment les malformations cardiovasculaires. […] Les patientes prenant de la paroxétine qui tombent enceintes ou qui sont au premier trimestre de leur grossesse doivent être alertées du risque que court le fœtus. Elles devraient considérer l’arrêt de cet antidépresseur ou en changer."

Dans ces conditions, pourquoi ne pas stopper immédiatement sa commercialisation ?
Trois jours plus tard, le 8 décembre, Le Monde reprenait une des dépêches de l’AFP en annonçant que "la FDA a demandé en conséquence au fabricant, le groupe britannique GlaxoSmithKline, de changer la catégorie dans laquelle ce médicament est classé pour spécifier les risques potentiels qu'il présente." Les laboratoires auraient répondu à la presse que "la plus grande partie des défauts cardiaques congénitaux qui seraient liés à cet antidépresseur se caractérisent surtout par la présence d'un orifice dans la cloison séparant les deux ventricules ou les oreillettes cardiaques" et auraient ajouté que "de tels orifices se referment le plus souvent d'eux-mêmes et dans les autres cas, ce défaut peut se corriger aisément avec une intervention chirurgicale."
Si votre nourrisson se trouve en danger de mort à la suite d’une cure de Deroxat de sa mère, vous n’aurez qu’à lui faire subir une opération à cœur ouvert… On vous le dit, les effets secondaires des antidépresseurs sont simplement « gênants ».


Venlafaxine (ou Effexor): aucune efficacité dans la dépression majeure des enfants mais des risques suicidaires sérieux

Dans sa rubrique consacrée aux dangers des antidépresseurs, le célèbre site internet Doctissimo publie l’information selon laquelle, aux États-Unis, les laboratoires Wyeth adressaient en août 2003 une mise en garde aux médecins américains sur la venlafaxine (commercialisée en France sous le nom d’Effexor). Ce produit s’est révélé inefficace dans le traitement des épisodes dépressifs majeurs ou les troubles de l’anxiété chez les enfants de 6 à 17 ans.
Le 29 septembre 2003, l'AFSSAPS publiait un communiqué de presse  reprenant la teneur de la lettre américaine. "Selon ce courrier, déclare l’agence, ces études ne démontrent pas l'efficacité de la venlafaxine dans le traitement des épisodes dépressifs majeurs (EDM) et du trouble d'anxiété généralisée (TAG) dans cette population ; [et] suggèrent une augmentation de l'incidence des idées suicidaires ainsi que des gestes auto-agressifs chez les patients traités par la venlafaxine comparativement aux patients recevant le placebo. Aucun suicide n'a été rapporté durant ces études." Il est utile de mentionner que ces études sont toujours réalisées sur des périodes assez courtes et qu'un pourcentage indéterminé des personnes qui ont présenté ces pulsions suicidaires et ne sont pas passés à l'acte pendant la durée de l'étude ont pu le faire plus tard. Ces suicides n’entrent pas dans les statistiques des laboratoires.


"On ne possède surtout aucune donnée chez l'enfant"

La problème est si préoccupant que Le Monde publiait le 24 août 2005 un article sur ce sujet, repris par le site internet Doctissimo, sous le titre "Antidépresseurs : ne pas laisser à la portée des enfants?" Voici un extraits du texte d’Alain Sousa publié sur internet :

"Comme le souligne Anne Castot, responsable de l'information scientifique à l'Afssaps, ‘’pour la plupart des produits, on ne possède surtout aucune donnée chez l'enfant. Dans les autres cas, il est difficile de tirer des conclusions des études’’. Il est vrai que les autorités anglaises ont opté pour le ‘’principe de précaution’’, en mettant sur le même plan les substances pour lesquelles on ne possède aucune étude chez l'enfant et celles qui avaient des résultats négatifs. Mais en l'occurrence, l'absence d'information se doublerait de mensonges par omission: des chercheurs canadiens ont souligné que certains laboratoires pharmaceutiques n'hésiteraient pas à cacher les études dont les résultats démentent l'efficacité de certains antidépresseurs chez l'enfant. En France, la plupart des antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont a priori contre-indiqués avant l'âge de 15 ou 18 ans selon les cas. Seules la sertraline (Zoloft ®) et la fluvoxamine (Floxyfral ®) ont des indications pédiatriques. Car la prise en charge privilégiée est la psychothérapie. Les antidépresseurs ne sont ainsi recommandés qu'en cas d'échec de cette approche."

On nous rassure donc en affirmant que ces produits ne sont pas prescrits en première intention et qu’il vaut mieux privilégier l’approche psychothérapeutique. Mais que se passera-t-il si les résultats ne sont pas au rendez-vous? prescription d’antidépresseurs. Ainsi est foulé aux pieds le principe de précaution dans une population particulièrement sensible, celle des enfants et des adolescents qui se trouvent exposés à tous les aléas thérapeutiques.


Bilan des effets dangereux des antidépresseurs ISRS

Dans une réunion du Comité consultatif pédiatrique organisée par la FDA en 2004, le docteur Ann Blake Tracy, directrice de l’International Coalition for Drug Awareness, une association internationale de surveillance de la toxicomanie, s’exprima en ces termes :
"Cela fait douze ans et demi que j’apporte aux tribunaux mes témoignages d’expert dans les procès impliquant des affaires avec ce type de drogues. Il est clair, depuis le début des recherches sur la sérotonine, que la chose la plus nocive qui puisse être faite contre le système sérotoninergique  est de déséquilibrer sa capacité à métaboliser la sérotonine, c’est pourtant ainsi que fonctionnent les antidépresseurs ISRS.
Les recherches montrent depuis plusieurs décennies que le déséquilibre du métabolisme de la sérotonine entraîne des cauchemars, des éruptions cutanées, des migraines, des douleurs cardiaques, des difficultés respiratoires, des complications pulmonaires, l’hypertension et l’anxiété qui se manifestent sans aucune raison, la dépression, le suicide, en particulier des actes suicidaires très violents ainsi que des tentatives de suicides répétées, l’hostilité, la perpétration de meurtres violents, d’incendies, les toxicomanies comme le besoin insatiable d’alcool et d’autres drogues, la psychose, les manies, des maladies du cerveau, l’autisme, l’anorexie, la conduite automobile irresponsable, la maladie d’Alzheimer, des comportements impulsifs où l’on perd la notion de la faute, et des comportement antagonistes.
Comment a-t-on pu penser qu’il pouvait être thérapeutique de provoquer chimiquement ces réactions, cela me dépasse ; pourtant ces réactions, qui résultent de la généralisation de ces drogues, sont précisément ce que nous observons dans notre société depuis ces quinze dernières années.
Vous rappelez-vous, il y a vingt ans, lorsqu’il était habituel pour les déprimés de s’isoler discrètement pour se supprimer plutôt que de tuer tout le monde alentour avant de se tuer eux-mêmes comme ils le font quand ils prennent des antidépresseurs ISRS ?"


D’innombrables mises en garde sur les accidents de la chimiothérapie

• Décembre 2003 – Doctissimo indiquait que les autorités sanitaires britanniques du MHRA étendaient la contre-indication chez les enfants à tous les antidépresseurs de la famille des ISRS. "Tous se retrouvent ainsi taxés d'inefficacité et, pour la plupart, d'augmenter les risques suicidaires chez les enfants. Outre la paroxétine (Deroxat) et la venlafaxine (Effexor), se retrouvent sur la sellette la sertraline (Zoloft), le citalopram (Seropram), l'escitalopram (Seroplex) et la fluvoxamine (Floxyfral)." Rappelons que le Zoloft est un des antidépresseurs ISRS le plus souvent prescrit en France chez les adolescents par les médecins généralistes. Ceux-ci ont en effet pris l’habitude d’instaurer ce traitement en attendant que leurs jeunes patients puissent être reçus chez un psychiatre dont les délais d’attente sont toujours très longs.
• 2004 – La FDA, l’agence gouvernementale américaine de contrôle sanitaire a exigé des laboratoires pharmaceutiques l’impression sur les boîtes d’emballage de certains antidépresseurs dont l’emploi entraîne des pulsions suicidaires une mise en garde publique sous forme d’un rectangle noir.
• Le ministère de la Santé canadien ajoutait le Bupropion (commercialisé en France sous le nom de Zyban) à sa liste des mises en garde de pharmacovigilance.
• 22 février 2005 – En France, le site Caducee.net, un portail internet qui publie en permanence des actualités scientifiques à l’intention des professionnels de la santé, a publié deux dépêches consécutives. Le titre de la première était : "Les antidépresseurs pourraient être associés à une augmentation du risque suicidaire, particulièrement dans les premières phases du traitement, d'après de nouveaux résultats publiés dans le British Medical Journal, revue anglaise de communication médicale." 
• Toujours d’après Caducee.net, une autre étude analysait le risque de suicide chez plus de 146 000 patients sous inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)  ou antidépresseurs tricycliques. "Le risque de tentative de suicide ou de suicide n'était pas différent chez les patients sous ISRS comparés à ceux sous antidépresseurs tricycliques. Cependant, les ISRS prescrits aux moins de 18 ans semblaient associés à un risque plus élevé de tentative de suicide." Il est donc notoire que les antidépresseurs comme le Deroxat, le Paxil, le Prozac et le Zoloft, pour ne citer qu’eux, peuvent entraîner ou renforcer les pensées suicidaires dans les premières phases du traitement chez les adultes, les enfants et les adolescents.
• Selon la revue médicale anglaise, une "méta-analyse" a rassemblé les informations issues de 702 essais cliniques regroupant plus de 87 000 patients pour rechercher l'existence possible d'un rapport entre les ISRS et les tentatives de suicide. "Ils ont trouvé que le risque de tentative de suicide était deux fois plus probable chez les patients sous ISRS comparé à un placebo. […] Les auteurs de cette analyse expliquent que des lacunes majeures dans des essais cliniques publiés ont pu conduire à sous-estimer le risque de ce genre." En clair : dans la publication des résultats des essais effectués par les laboratoires pharmaceutiques, ce genre de risque majeur était partiellement occulté.

• Le comité consultatif d’experts de la FDA vient d’achever l’examen de 24 études conduites sur un total de 4000 enfants et adolescents, concernant neuf molécules appartenant pour la majorité à la nouvelle génération des antidépresseurs. Il a conclu que le rapport bénéfice/risque des antidépresseurs destinés à cette tranche de la population était négatif.

L’Agence européenne du médicament (European Medicines Agency – EMA), dont le siège est à Londres, est chargée de conseiller la Commission européenne sur la politique commerciale des médicaments en Europe. Dans un communiqué de presse du 25 avril 2005, intitulé L’Agence européenne du médicament achève une revue des antidépresseurs destinés aux enfants et aux adolescents, elle annonçait avoir examiné deux classes d’antidépresseurs destinés aux enfants et aux adolescents, les ISRS (inhibiteurs spécifiques de la recapture de sérotonine) et les inhibiteurs de la recapture de sérotonine-norépinéphrine.

Extrait du communiqué :
Le comité scientifique de l’Agence [Committee for Medicinal Products for Human Use – CHMP] a conclu au terme de la réunion des 19-22 avril que le comportement relatif au suicide (tentatives de suicide et pensées suicidaires), l’hostilité (agression prédominante, comportement oppositionnel et colère) sont plus fréquemment observés lors des essais cliniques parmi les enfants et les adolescents liés à ces antidépresseurs en comparaison avec ceux qui prennent un placebo. Le CHMP recommande en conséquence d’introduire un avertissement sérieux dans toute l’Union européenne en direction des médecins et des parents au sujet de ces risques.


Que nous cachent les laboratoires ?

Dans une édition de février 2005, L’Express livrait un article sous la signature de Gilbert Charles, intitulé "Ados : Les pilules du malheur". On pouvait y lire ce qui suit :

"Gavés d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à tenter de se suicider. Des voix s'élèvent pour dénoncer les tragiques effets secondaires de médicaments mal prescrits." Plus loin : "Après avoir été intriguées par des anomalies dans une étude réalisée par le fabricant [Eli Lilly, producteur du Prozac] mais jamais publiée, les autorités médicales de chaque côté de l'Atlantique - la Food and Drug Administration (FDA), aux États-Unis, et l'Agence européenne du médicament - ont demandé en 2003 à consulter toutes les données concernant les essais cliniques des antidépresseurs dits de deuxième génération. Les résultats, publiés en octobre 2004, laissent peu de place au doute : ils indiquent que, dans 13 cas sur 15, ces molécules ne sont pas plus efficaces qu'un placebo et que les patients sous traitement sont trois fois plus nombreux à envisager le suicide ou à faire une tentative. En décembre dernier, le British Medical Journal a reçu un courrier anonyme contenant des notes internes de la filiale allemande d'Eli Lilly, probablement envoyé par un employé, qui montre que la firme a tenté de dissimuler délibérément les résultats d'études cliniques en demandant aux médecins d'enregistrer les suicides de patients comme des ‘’surdosages.’’ […] Le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) est, lui aussi, accusé d'avoir édulcoré les résultats d'une étude clinique de son antidépresseur, le Deroxat, sur des adolescents. Les résultats montraient un taux de tentatives de suicide huit fois plus important chez les enfants traités avec la molécule que ceux sous placebo. Le procureur de l'État de New York vient d'entamer une action en justice contre GSK pour avoir caché les risques du produit."

Et enfin, le même journaliste pose une très intéressante question : "Comment un médicament peut-il pousser à se détruire? La fluoxétine, la molécule active du Prozac, agit en stimulant dans le cerveau la production de sérotonine, un neuromédiateur impliqué dans l'impulsivité et la régulation des comportements. ‘’Le Prozac est un excitant, un produit euphorisant: il lève les inhibitions mais sans calmer l'angoisse, explique le Pr Édouard Zarifian, psychiatre au CHU de Caen, et auteur d'un fameux rapport sur la surconsommation des psychotropes en France. La déprime est toujours là, mais le sujet n'est plus prostré, il redevient actif, et retrouve assez d'énergie pour se suicider.’’ "

Selon différents dossiers publiés sur internet, tel celui intitulé Les conséquences des psychostimulants pour le TDAH : suicide et mort [The Consequences of Stimulants for ADHD: Suicide and Death], de juillet 2002, les chiffres américains sont si dramatiques que la FDA reçoit régulièrement des plaintes venant de nombreux particuliers. La FDA (Food and Drug Administration) est le service gouvernemental américain responsable de la pharmacovigilance, c'est-à-dire des études, du contrôle et de la réglementation des médicaments avant leur commercialisation. Ses avis font autorité dans le monde entier. Devant la recrudescence des accidents thérapeutiques de toutes sortes qui se produisent dans ce pays, notamment dus à la consommation généralisée de produits psychiatriques, l’agence a mis à la disposition du public une procédure d’alerte, le MedWatch program, qui permet à tout citoyen de déposer un rapport par courrier électronique. Plusieurs sources indépendantes affirment que l’agence fédérale a déclaré le 2 mai 2000 avoir reçu "un total de 4400 plaintes sanitaires relatives aux effets secondaires du méthylphénidate depuis 1969". Environ un tiers des plaintes reçues ont été recueillies dans les quinze derniers mois [le texte date de mai 2000] et elles concernaient des manifestations de convulsions, de tics, de dépendance, de douleurs cardiaques et de décès liées aux psychostimulants. Dans la décennie 1990-2000, confirment les documents étudiés, "plus de 569 enfants ont été hospitalisés, 38 d’entre eux ont failli perdre la vie et 186 décès ont été directement imputables à la Ritaline." En outre tout laisse croire que ces chiffres soient sous-estimés étant donné que le pourcentage des parents qui déclarent ces accidents à la FDA est certainement infime, peut-être inférieur à 10 %.»

Extraits de Nos enfants, cobayes de la psychiatrie? de Pierre Vican. © Copyright Pierre Vican.

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Voir aussi l'article : Des antidépresseurs en lien avec le suicide: encore ?


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01 novembre 2006

La psychiatrie et l'enfer des drogues psy

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Un document de 26 pages sur l'origine, les abus, les dangers des drogues psy et la manière dont elles sont prescrites. Produit par la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme à l'intention des parents, des personnels de la santé, de l'éducation, des services sociaux et de la justice.


Rares sont les personnes à savoir que les drogues illégales ne forment qu’une partie du fléau de la toxicomanie et de l'accoutumance aux drogues. Les médicaments psychotropes délivrés sur ordonnance représentent un autre aspect du problème, plus crucial si l'on considère l'importance de leur distribution dans la société et le caractère frauduleux de leur prescription par la
psychiatrie.
Autrefois, ces produits peu nombreux étaient réservés uniquement aux malades mentaux. Aujourd’hui, il serait difficile de trouver un membre de la famille, un ami ou un voisin qui n’a jamais pris, sous une forme ou une autre, une drogue psychiatrique.
Comment des millions de gens sont-ils devenus dépendants de drogues si nocives? Avant de devenir dépendante, chacune de ces personnes a été convaincue que ces
« médicaments » l’aideraient à prendre sa vie en main en évacuant ses problèmes. Une fois le diagnostic établi et l’ordonnance rédigée, les effets nocifs de ces substances commencent à opérer chez le patient, au détriment de son bien-être physique et de sa santé mentale.
En généralisant l’emploi à grande échelle de ces simulacres de diagnostics, la psychiatrie a fait en sorte que de plus en plus de gens soient trompés et pensent que la meilleure réponse aux difficultés courantes de la vie se trouve dans le dernier médicament psy à la « mode ».

Cliquez sur la couverture pour accéder à la brochure sous format pdf.

Source : © Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme.



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Recommandations de la Commission Européenne sur les ISRS

drapeau_europe

CE European Commission - Enterprise and Industry Directorate General - Consumer goods - Pharmaceuticals - Last update : 8/12/06

 

ISRS [Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine], IRSN [Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline]

Également commercialisés en Europe sous les noms :

Evexor, Velafax, Efique, Dobupal, Vandral, Strattera, Citalopram, Citarcana, Eostar, Citalhexal, Pram, Seropram, Citalostad, Citor, Cipramil, Citalobexal, Apertia, Cipram, Sepram, Cita, Zyloram, Citalon, Cerotor, Citalec, Citaham, Rejkapram, Desital, Citadur, Citalogea, Citamocal, Emaxo, Andepril, Citacip, Citalonte, Akarin, Loxopram, Ciral, Emocal, Ciazil, Futuril, Megafors, Citalophex, Citalop, Citalo-Q, Citadura, Citalogen, Serital, CitaLich, Pricital, Cinapen, Serocel, Oropram, Citapram, Serotor, Ciprotan, Ciprager, Ciprapinie, Pramexyl, Felipram, Lontax, Citalexal, Elopram, Frimaind, Citalon, Redoxamin, Aurex, Cimax, Citabax, Ronal, Prisdal, Citalvir, Relapaz, Somac, Citaleq, Genprol, Presar, Citoglan, Talocit, Citavie, Biopram, Cipralex, Entact, Lexapro, Sipralexa, Seroplex, Esertia, Prilect, Fluoxetine, Fluctine, NuFluo, Flux, Mutan, Floccin, Fluoxibene, FluxoMed, Positivum, Felicium, Fluoxistad, Fluxil, Prosimed, Prozac, Docfluoxetine, Fluoxemed, Fluoxone, Fluox, Fluoxetop, Fokeston, Ladose, Plazeron, Magrilan, Apo-Fluoxetine, Foxet, Fluoxin, Floxet, Fluval, Flumirex, Portal, Flizak, Deprex, Afeksin, Fondur, Fonzac, Fluxantin, Flutin, Folizol, Nycoflox, Fluoksetiini, Fluoxa, Seromex, Seronil, Fluctin, Elindra, Flucti-nerton, Fluneurin, Fluoxe-Q, Fluxet, Fluoxetin, Fluoxemerck, Fluoxtab, Fluoxkaps, Floxin, Fluxone, Fluoxgamma, Flonital, Sofelin, Fluxadir, Exostrept, STEPHADILAT-S, STRESSLESS, THIRAMIL, SARTUZIN, Hapilux, DAGRILAN, Dinalexin, FOKESTON, Òrthon, Zinovat, APO-FLUOXETIN, Deprexin, FEFLUZIN, Seról, Fontex, Prozamel, Affex, Gerozac, Biozac & Prozit, Norzac, Ranbaxy, Prozatan, Fluoxeren, Fluoxetina, Zafluox, Biofloxoral, Proxerene, Clexiclor, Ipsumor, Ibixetin, Fluoxenase, Diesan, Deprexen, Flotina, Cloriflox, Fluxetil, Fluoxifar, Aliantil, Novalbac, Grinflux, Xeredien, Lisemir, Framex, Deprexetin, Deprimaks, Salipax, Oxactin, Bioglan Fluoxetine, Flustad, Fluoksetyna, Xetiran, Bioxetin, Deprenon, Andepin, Nodepe, Tuneluz, Mizac, Selectus, Digassim, Deborax, Psipax, Seroliber, Adofen, Luramon, Reneuron, Nodepe, Augort, Lecimar, PRANDULIN SEMANAL, Ranflutin, Fluvoxamin, Fluvoxaminmaleat, Floxyfral, Felixsan, Fluvoxamine, Faverin, Fevarin, Fluvosol, Desifluvoxamin, Fluvohexal, Fluvoxam, Fluvoxadura, Fluvox, Fluvoxabeta, Luvox, Myroxine, Dumyrox, Maveral, Fluvoxaminemaleaat, Fluvoxamina, Dumirox, Mianserin, Tolvon, Mianserine, Serelan, Miabene, Tolmin, Miaxan, Athymil, Miagen, Mianeurin, Mianserixx, Tolvin, Prisma, Inpharmco-Mianserin, Lantanon, Lerivon, Miansemerck, Norserin, Dalcipran, Ixel, Milnacipran, Mirtazapin, Mirtaron, Mirtel, Remeron, Mirtabene, Mirtazapine, Remergon, Esprital, Arintapin, Combar, Zicomber, Hexazipin, Loxozapin, Medizapin, Mirtachem, Mirtacur, Mirtamed, Mirtatifi, Mirtoral, Tirzamed, Alphamirt, Alphazagen, Genamirt, Mirtalphagen, Mirtamerck, Mirtazapin, Mirtadepi, Mirtaril, Finmirtaza, Finpharma, Finscope, Mirtapharm, Mirtascope, Mirtasole, Pharmasole, Pharmazapine, Tarzapine, Mirtaratio, Mirtastada, Mirtatsapiini, Norset, Mirtazelon, Mirtapin, Remergil, Mirta-ratiopharm, Mirta, Mirtazza, MirtaLich, Mirtagamma, Mizapin, Míron, Zistap, Zismirt, Mirap, Tazamel, Arintapina, Mirzaten, Valdren, Miralix, Mirtal, Mirtazapina, Rexer, Vastat, Zispin, Paroxetin, Allenopar, Glaxopar, Seroxat, Paroxat, Ennos, Paluxetil, Aropax, Arketis, Apo-Parox, Remood, Parolex, Roxac, Serodur, Pasero, Oxetine, Optipar, Paroc, Paroneurin, Meparox, Paroscope, Paroxegen, Pasorex, Sopax, Serorex, Parsyn, Varoxetin, Paroksetiini, Hiemalix, Divarius, Deroxat, Paroxetine, Aroxetin, Paxil, Oxepar, Tagonis, Depar, Trapar, Osepar, Paroxedura, Paroxistad, Euplix, ParoLich, Apodepi, Parogen, Paretin, Parhun, Rexetin, Paxinol, Paxetin, Paxt, Parox, Meloxat, Paroser, Sereupin, Daparox, Paroxetina, Eutimil, Deprozel, Paxeratio, Denerval, Paxpar, Parolex, Motivan, Paratonina, Casbol, Daparox, Xetin, Paroximed, Meradel, Eoxat, Deoxatine, Paroxetabs, Paraxodil, Primoxatine, Titroxatine, Isoxatine, Parocetan, Paroxiflex, Medoxatine, Mediparox, Edronax, Reboxetine, Davedax, Irenor, Norebox, Gladem, Tresleen, Sertraline, Serlain, Doc Sertraline, Zoloft, Apo-Sertral, Asentra, Serlift, Serlinan, Sertrix, Tralinan, Tralix, Zeelinax, Sertaxilin, Sertralin, Sertra, Alexandras, Lustral, Serlan, Serad, Tatig, Sertralina, Sertral, Sertrabeck, Stimuloton, Sertahexal, Antideprimal, Setralexin, Zenon, Sertralex, Depesert, Serseitran, Lustragen, Lustramerck, Altisben, Aremis, Besitran, Sertrawitt, Sertrabt, Sertrabeck, Sertratifi, Sertraratio, Lustral, Efectin, Efexor, Venlax, Venlafaxine, Venlafaxin, Effexor, Trevilor, Faxine, Venlaxor

INN:
   
Atomoxetine, Citalopram, Escitalopram, Fluoxetine, Fluvoxamine, Mianserine, Milnacipran, Mirtazapine, Paroxetine, Reboxetine, Sertraline and Venlafaxine

[…]

25/08/2005     Community Referrals - Art 31 - (Modification) EMEA/H/A-31/651     C(2005)3256 of 19/08/2005         



ANNEXE II

CONCLUSIONS SCIENTIFIQUES ET RAISONS DE LA MODIFICATION DES RÉSUMÉS DES CARACTÉRISTIQUES DES PRODUITS ET DES NOTICES DES PRODUITS  PRÉSENTÉES PAR L’EMEA


Conclusions scientifiques

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE L’ÉVALUATION SCIENTIFIQUE DES SPÉCIALITÉS PHARMACEUTIQUES CONTENANT DE LA FLUOXÉTINE, DE LA FLUVOXAMINE, DE LA SERTRALINE, DE LA PAROXÉTINE, DU CITALOPRAM, DE L’ESCITALOPRAM, DE L’ATOMOXÉTINE, DE LA VENLAFAXINE, DE LA MIANSERINE, DU MILNACIPRAN, DE LA REBOXÉTINE ET DE LA MIRTAZAPINE (voir Annexe I)

A la demande de la Commission européenne, le CHMP [Committee for Human Medicinal Products (Comité des médicaments humains)] a examiné les données issues des études cliniques disponibles auprès des autorités nationales compétentes concernant les produits ISRS/IRSN suivants: fluoxétine, fluvoxamine, sertraline, paroxétine, citalopram, escitalopram, atomoxétine, duloxétine, venlafaxine, miansérine, milnacipran, reboxétine et mirtazapine, et en particulier concernant leur utilisation chez la population pédiatrique.

Les données examinées comprenaient les études cliniques à court terme randomisées et contrôlées contre placebo soumises aux autorités compétentes, les études cliniques randomisées publiées dans la littérature médicale, les études observationnelles et les études écologiques. La majorité des études avaient inclu des patients atteints de troubles dépressifs majeurs, tandis qu’un nombre restreint d’entre elles avaient inclu des patients atteints de divers troubles anxieux (Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC), Trouble Anxieux Généralisé (TAG) et Trouble Anxiété Sociale). En outre, quelques études avaient inclu des patients souffrant du Trouble Déficit de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH).   

Ces produits ne sont pas autorisés en Europe pour le traitement des troubles dépressifs et anxieux chez l’enfant et l’adolescent. Seuls quelques uns de ces produits sont autorisés pour le traitement des enfants et adolescents présentant des troubles obsessionnels compulsifs et seulement l’un d’entre eux pour le traitement du Trouble Déficit de l’Attention avec Hyperactivité.

L’examen des comportements de type suicidaire a indiqué qu’aucun décès par suicide n’avait été rapporté dans l’ensemble des études passées en revue. Cependant, un signal net de comportements de type suicidaire était noté dans les études dans la dépression et un signal moins fort dans les études dans l’anxiété. De plus, était noté un signal concernant des effets indésirables associés tels que comportement hostile, automutilation et labilité émotionnelle avec la plupart des produits et dans la plupart des indications.   

A l’issue de l’examen préliminaire des données disponibles auprès des autorités nationales compétentes, le CHMP a conclu que l’augmentation des comportements de type suicidaire dans les populations pédiatriques était un sujet de préoccupation. Le CHMP a reconnu qu’il existait un signal potentiel d’une augmentation de comportement suicidaire, comprenant des tentatives de suicide et des idées suicidaires et/ou des comportements associés tels que automutilation, comportement hostile et labilité émotionnelle chez les enfants et adolescents traités par ISRS et IRSN. Ce signal était présent avec tous les produits pour lesquels des études étaient disponibles, et les données disponibles ne permettaient pas d’exclure la possibilité d’un effet de classe.

A la suite de l’examen des données disponibles auprès des autorités nationales compétentes, la Commission européenne a déclenché une procédure d’arbitrage suivant l’article 31 de la Directive 2001/83/CE, telle que modifiée, le 17 décembre 2004. La CE a demandé au CHMP son avis sur le bien-fondé d’un maintien, d’une modification, d’une suspension ou d’un retrait de l’autorisation de mise sur le marché des spécialités pharmaceutiques contenant les principes actifs sus-mentionnés.   

Le CHMP a examiné les données fournies par les titulaires d’AMM ayant trait au signal de comportements suicidaires chez les enfants et les adolescents. Le CHMP a conclu qu’une mise en garde rapportant que des comportements de type suicidaire (tentative de suicide et idées suicidaires) et de comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) étaient plus fréquemment observés au cours des études cliniques chez les enfants et adolescents traités pas antidépresseurs par rapport à ceux traités par placebo, devait être incluse dans les Résumés des Caractéristiques du Produit, ainsi que dans la rubrique concernée des Notices du Produit des spécialités pharmaceutiques contenant du citalopram, de l’escitalopram, de la fluoxétine, de la fluvoxamine, de la miansérine, du milnacipran, de la mirtazapine, de la paroxétine, de la reboxétine, de la sertraline et de la venlafaxine. 

Le Comité a également conclu qu’une mise en garde distincte serait plus appropriée pour l’atomoxétine, ce produit étant uniquement indiqué dans le traitement du TDAH. Le CHMP a considéré qu’aucun signal d’augmentation du risque de comportement de type suicidaire n’était présent dans les études portant sur l’atomoxétine. Toutefois, un signal était noté en faveur d’une augmentation du risque de troubles du comportement avec plus d’effets de type agressivité et comportement hostile. Par conséquent, le CHMP a conclu qu’une mise en garde rapportant qu’un comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) et une labilité émotionnelle étaient plus fréquemment observés au cours des études cliniques chez les enfants et adolescents traités par atomoxétine par rapport à ceux traités par placebo, ainsi qu’une mise en garde indiquant l’absence d’efficacité du produit dans la dépression devaient être incluses dans les Résumés des Caractéristiques du Produit et dans la rubrique concernée des Notices du Produit des spécialités pharmaceutiques contenant de l’atomoxétine.

MOTIFS DE MODIFICATION DES RÉSUMÉS
DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT

Considérant que
- Le Comité a pris en compte la saisine en vertu de l’article 31 de la Directive 2001/83/CE, telle que modifiée, concernant les spécialités pharmaceutiques contenant de l’atomoxétine, du citalopram, de l’escitalopram, de la fluoxétine, de la fluvoxamine, de la miansérine, du milnacipran, de la mirtazapine, de la paroxétine, de la reboxétine, de la sertraline et de la venlafaxine ;

- Le Comité, au vu des données disponibles issues des études cliniques, a conclu qu’il existait un signal de comportement de type suicidaire, comprenant des tentatives de suicide et des idées suicidaires et/ou des comportements associés tels que automutilation, comportement hostile et labilité émotionnelle chez les enfants et adolescents traités par Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine et Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline, tels que les médicaments sus-mentionnés ;

- Le Comité, en conséquence, a conclu qu’une mise en garde rapportant que des comportements de type suicidaire (tentatives de suicide et idées suicidaires) et un comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) avaient été plus fréquemment observés au cours des études cliniques chez les enfants et adolescents traités par antidépresseurs par rapport à ceux traités par placebo, devait être incluse dans les Résumés des Caractéristiques du Produit et la rubrique concernée des Notices du Produit des spécialités pharmaceutiques contenant du citalopram, de l’escitalopram, de la fluoxétine, de la fluvoxamine, de la miansérine, du milnacipran, de la mirtazapine, de la paroxétine, de la reboxétine, de la sertraline et de la venlafaxine.

- Concernant l’atomoxétine, laquelle est uniquement indiquée dans le traitement du TDAH, le Comité a conclu qu’une mise en garde rapportant qu’un comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) et une labilité émotionnelle avaient été plus fréquemment observés au cours des études cliniques chez les enfants et adolescents traités par atomoxétine par rapport à ceux traités par placebo, ainsi qu’une mise en garde indiquant l’absence d’efficacité dans la dépression, devaient être incluses dans les Résumés des Caractéristiques du Produit et dans la rubrique concernée des Notices du Produit des spécialités pharmaceutiques contenant de l’atomoxétine.

Le CHMP a recommandé le maintien des Autorisations de Mise sur le Marché des spécialités pharmaceutiques mentionnées en Annexe I pour lesquelles les modifications des rubriques concernées du Résumé des Caractéristiques du Produit et des Notices du Produit sont définies respectivement à l’Annexe III et à l’Annexe IV.

ANNEXE IV

MODIFICATIONS DE LA NOTICE DU PRODUIT

IV.I  MODIFICATIONS À INCLURE DANS LA RUBRIQUE CONCERNÉE DE LA NOTICE DU PRODUIT CONCERNANT LA FLUOXÉTINE, LA FLUVOXAMINE, LA SERTRALINE, LA PAROXÉTINE, LE CITALOPRAM, L’ESCITALOPRAM, LA VENLAFAXINE, LA MIANSÉRINE, LE MILNACIPRAN, LA REBOXÉTINE ET LA MIRTAZAPINE   
[........]
Utilisation chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans

[Nom de Fantaisie] ne doit habituellement pas être utilisé(e) chez les enfants et adolescents de moins de 18 ans (à l’exception des patients présentant [indication autorisée]). Il est également important de savoir  que les patients de moins de 18 ans présentent un risque accru d’effets indésirables, tels que tentative de suicide, pensées suicidaires et comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) lorsqu’ils sont traités par cette classe de médicaments. Néanmoins, il est possible que votre médecin décide de prescrire [Nom de Fantaisie] à des patients de moins de 18 ans si il/elle décide que c’est dans l’intérêt du patient. Si votre médecin a prescrit [Nom de Fantaisie] à un patient de moins de 18 ans et que vous désirez en discuter, adressez-vous à lui. Vous devez informer votre médecin si l’un des symptômes énumérés ci-dessus apparaît ou s’aggrave lors de la prise de [Nom de Fantaisie] par un patient de moins de 18 ans. Vous devez également savoir que la sécurité à long terme concernant la croissance, la maturation et le développement cognitif et comportemental de [Nom de Fantaisie] n’a pas encore été établiedans cette tranche d’âge.   
[........]

IV.2 MODIFICATIONS À INCLURE DANS LA RUBRIQUE CONCERNÉE DE LA NOTICE DU PRODUIT CONCERNANT L’ATOMOXÉTINE    
[........] 
Les patients de moins de 18 ans présentent un risque accru d’effets indésirables tels que comportement hostile (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) et labilité émotionnelle. Si l’un de ces symptômes apparaît ou s’aggrave après le début du traitement, vous devez en informer votre médecin. Vous devez également savoir que, comme avec les autres traitements psychotropes, la possibilité rare que des effets indésirables psychiatriques graves surviennent ne peut être exclue. Vous devez également savoir que la sécurité à long terme sur la croissance, la maturation et le développement comportemental et cognitif de [Nom de Fantaisie] n’a pas encore été établie dans cette tranche d’âge.   
[........]

Source : © Communautés européennes, 1995-2006 European Commission, Enterprise and Industry, Pharmaceuticals, Register, Huma Referrals, SSRIs-NNRIs


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26 octobre 2006

Les médicaments aux effets indésirables sont souvent ceux à visée psychiatrique

La iatrogénie imputable à une prise médicamenteuse est un problème majeur de santé publique, tant en termes de morbi-mortalité que de coût. En France, deux enquêtes réalisées par le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance ont permis d’estimer à 10,3 % (IC : 8,7-11,9) le taux de prévalence des effets indésirables médicamenteux chez les malades hospitalisés ; l’incidence des hospitalisations pour accident iatrogène grave a été chiffrée à 3,19 % (IC : 2,37-4,01). Selon d’autres études, le taux d’incidence des effets indésirables entraînant une hospitalisation oscille entre 2 et 8 %.

Les médicaments impliqués dans la survenue d’un effet indésirable sont le plus fréquemment des thérapeutiques à visée psychiatrique
ou cardiologique ainsi que des anti-inflammatoires. Dans bien des cas, la iatrogénie est dite "inévitable" car liée à divers aléas, généralement non prévisibles ; tout médicament efficace pouvant induire des effets indésirables.

Pourtant, la pathologie iatrogène médicamenteuse est parfois "évitable", dès lors qu’elle est liée aux pratiques médicales et qu’elle est induite par un mauvais usage des thérapeutiques par le médecin ou le patient. Chaque prescription doit respecter les données acquises de la science, être adaptée à chaque patient, à chaque moment de sa maladie. Tenir compte des effets indésirables connus diminue efficacement le risque de iatrogénie médicamenteuse.

Ces recommandations de bonne pratique sont-elles appliquées par les prescripteurs ? Plusieurs études collectives conduites en 1999 par l’Assurance Maladie rendent compte de prescriptions potentiellement dangereuses, qu’il s’agisse d’interactions médicamenteuses ou de traitement inadapté à l’état du patient. Quatre unions régionales des caisses d’assurance maladie (Urcam) ont mené des études sur les associations médicamenteuses formellement contre-indiquées (AFCI). Ce sont celles qui présentent le plus fort niveau de risque. D’autres études rendent compte de prescriptions inadaptées à l’état du patient.

Source: © Faits Marquants – Des soins de qualité pour tous – Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés.


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Médicaments psychotropes : consommation et pratiques de prescription en France métropolitaine

Médicaments psychotropes : consommation et pratiques de prescription en France métropolitaine.
I. Données nationales, 2000
Psychotropic Medications: Prescriptions and Use in Metropolitan France.
I. National Data For 2000

Résumé
Objectif : Evaluer et décrire la population de bénéficiaires du régime général d’assurance maladie ayant été remboursés de médicaments psychotropes en France métropolitaine, en 2000.
Méthode : Etude transversale sur les bases de données de remboursement de l’assurance maladie à partir du codage de la pharmacie. La population étudiée a été constituée par sondage aléatoire à partir du numéro de sécurité sociale des personnes. Les patients sélectionnés ont eu au moins un psychotrope remboursé au cours de l’année 2000. Pour chaque classe thérapeutique, les variables retenues identifiaient le nombre de bénéficiaires d’exonération du ticket modérateur pour affection de longue durée, de couverture maladie universelle, de pension d’invalidité, la nature du suivi médical et le nombre de remboursements au cours de l’année.
Résultats : En 2000, près d’un quart de la population protégée par le régime général stricto sensu (24,5 %) a bénéficié du remboursement d’un médicament psychotrope. Les taux spécifiques variaient avec l’âge et le sexe (33 % des hommes et 55 % des femmes après 70 ans).
Les anxiolytiques étaient les plus utilisés (17,4 %), suivis des antidépresseurs (9,7 %), des hypnotiques (8,8 %), des neuroleptiques (2,7 %), des médicaments utilisés dans la dépendance alcoolique (0,5 %) et du lithium (0,1 %). Le taux annuel de consommateurs de psychotropes, ayant eu au moins quatre remboursements pour une même classe thérapeutique, était de 11,2 % (anxiolytiques 7,0 %, antidépresseurs 4,9 %, hypnotiques 3,7 %).
Conclusion : Malgré l’absence d’information sur le contexte clinique de ces prescriptions, ces données permettent cependant d’identifier un seuil minimum de consommateurs et de proposer des indicateurs de suivi de cette consommation aisément reproductibles.

Rev Med Ass Maladie 2003;34,2:75-84
Mots clés : médicament, psychotrope, anxiolytique, antidépresseur, hypnotique, lithium, neuroleptique, sevrage alcool, pharmaco-épidémiologie, France.

Summary
Aims: To describe and assess the population of beneficiaries affiliated
with the general health fund who received reimbursement for psychotropic medications in metropolitan France in 2000.
Method: We performed a cross-sectional study using the health fund’s reimbursement data based on the pharmacy coding system. Patients were enrolled by random selection of the social security numbers of patients who received at least one reimbursement for a psychotropic medication during the year 2000. In each therapeutic class, we noted: the number of affiliates exempted from co-payments due to a long-term disorder, those covered by universal medical coverage (CMU), patients on medical disability, the type of medical follow-up they received and the total number of reimbursements they had requested during the study period.
Results: During the year 2000, almost one-fourth of the population covered by the general health fund stricto sensu (24.5%) was reimbursed for a psychotropic medication. Specific reimbursement rates varied according to age and sex (33% of all males and 55% of all females older than 70 years). Anxiolytic agents were the most frequently prescribed psychotropic medications (17.4%) followed by antidepressors (9.7%), hypnotics (8.8 %), neuroleptics (2.7%), drugs used to combat alcohol addiction (0.5%) and lastly, lithium (0.1%). 11.2% of all affiliates received at least four reimbursements for the same therapeutic class (anxiolytics: 7.0%, anti-depressors: 4.9%, hypnotics: 3.7%).
Conclusion: Although this study method provides no clinical information on prescriptions, the data we obtained allowed us to identify easily reproducible information on the minimum threshold of patients treated with psychotropic agents and to suggest future follow-up indicators.

Rev Med Ass Maladie 2003;34,2:75-84
Key words: medication, psychotropic drugs, anxiolytic, anti-depressor, hypnotic, lithium, neuroleptic, alcohol weaning, pharmaco-epidemiology, France.


Extraits

Aujourd’hui, la question de la pertinence d’une consommation élevée de psychotropes reste encore posée [1-3]. A défaut de pouvoir y répondre directement, la mise à disposition et le suivi d’indicateurs fiables, évaluant cette consommation, constituent un enjeu primordial. La prescription de médicaments psychotropes a suscité, ces quinze dernières années, de nombreuses études [4-12].
Devant l’importance du problème, les pouvoirs publics ont confié en 1995 au Pr E. Zarifian une mission d’analyse sur la prescription et l’utilisation des psychotropes en France [13]. Toutes ces études objectivent un haut niveau de consommation au sein de la population française, variable selon l’âge et le sexe des personnes.

[…]
Au cours de l’année 2000, nous avons dénombré dans notre échantillon 845 436 personnes ayant eu au moins un remboursement de médicaments psychotropes. Après application du coefficient de redressement (effectif redressé : 976 134 personnes), nous avons calculé pour chaque classe thérapeutique un taux annuel de personnes avec remboursement de médicament (taux calculé sans prise en compte de la durée de consommation) : 24,5 % des personnes du régime général ont obtenu le remboursement d’un médicament psychotrope. Ce taux était de 17,4 % pour les anxiolytiques, 9,7 % pour les antidépresseurs, 8,8 % pour les hypnotiques, 2,7 % pour les neuroleptiques, 0,5 % pour les médicaments utilisés dans la dépendance alcoolique et 0,1 % pour le lithium. Parmi ces consommateurs, 43,3 % ont reçu une prescription de plusieurs classes de psychotropes. Un deuxième taux annuel a été calculé en ne prenant en compte que les personnes ayant eu au moins quatre remboursements dans une même classe thérapeutique. Pour l’ensemble des psychotropes, ce taux était de 11,2 % (anxiolytiques 7,0 %, antidépresseurs 4,9 %, hypnotiques 3,7 %, neuroleptiques 1,4 %, médicaments utilisés dans la dépendance alcoolique 0,2 %, lithium 0,1 %).

Au cours de l’année 2000, la consommation de psychotropes aura concerné près d’un quart de la population (24,5 %), taux supérieur aux valeurs retrouvées dans de nombreuses études [5, 6, 13]. Ces écarts peuvent en partie être expliqués par l’utilisation d’unités de temps différentes. En effet, afin de limiter un possible facteur saisonnier, nous avons étudié la consommation sur une période de 12 mois. Certaines études utilisent des périodes différentes (trois, six mois) ou bien calculent une prévalence instantanée (un jour donné) assortie de critères d’inclusions restrictifs (notion de consommation régulière). Les chiffres obtenus dans notre étude se rapprochent toutefois de ceux obtenus par Legrain et coll. [4] en 1990 : 25 à 30 % des Français avaient alors consommé des hypnotiques ou des tranquillisants au moins une fois dans l’année.
Les anxiolytiques restent toujours la première classe de psychotropes consommés (17,4 %, soit plus d’une personne sur six). Au deuxième rang, les antidépresseurs devancent désormais les hypnotiques.
Cette situation n’est pas étonnante ; en effet, la progression régulière attendue de ce type de médicament a été largement décrite [1, 2, 12, 13]. Cette progression résulte d’une plus grande utilisation des IRS [9, 21, 22]. Dans notre étude, comme dans d’autres [12], 64,6 % des personnes sous antidépresseurs ont bénéficié du remboursement d’au moins un IRS. La meilleure tolérance de ces produits a sans doute induit une banalisation du recours à ce type de traitement mais d’autres hypothèses ont été émises pour expliquer cette évolution : « Il semble depuis quelques années se dessiner en Europe, avec la venue des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, un phénomène analogue à celui que l’on a connu avec les benzodiazépines dans les années 1970. La réputation de bonne tolérance somatique de ces produits n’explique pas tout. Il faudrait, au moins pour certains d’entre eux, poser l’hypothèse que des propriétés pharmacologiques méconnues peuvent également jouer un rôle dans la fidélisation des consommateurs » [13]. Le taux de consommateurs d’antidépresseurs mesuré (9,7 %) est bien supérieur au taux de prévalence de la dépression estimé en France à 4,7 % [23]. Des études ont montré qu’au moins 20 % des sujets sous antidépresseur ne présentaient pas de troubles psychiatriques caractérisés [9,12].

Source : © Médicaments psychotropes : consommation et pratiques de prescription en France métropolitaine. AMELI.

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24 septembre 2006

Les antidépresseurs du type ISRS endommagent le cerveau

Il y a maintenant des preuves que les antidépresseurs du type ISRS (Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine - voir glossaire) comme le Prozac, le Paxil et le Zoloft causent des dommages au cerveau. Dans son livre, Prozac Backlash, publié en 2000, Joseph Glenmullen, M.D., instructeur clinique en psychiatrie à l’École Médicale de Harvard, affirme: “Dans les dernières années, est apparu le danger des effets secondaires à long terme en association avec les médicaments du type Prozac, rendant impérative la réduction de la prise de ces médicaments par une personne. Des troubles neurologiques, incluant des tics défigurant le visage et aussi des tics de tout le corps, indiquant un dommage potentiel au cerveau, causent une inquiétude croissante pour les patients prenant ces médicaments. […] Avec des médicaments chimiquement proches, ayant aussi des effets sur la sérotonine, il y a des preuves qu’ils peuvent effectuer une ‘lobotomie chimique’ en détruisant les extrémités des nerfs sur lesquels ils agissent” (p. 8). L'auteur compare les dommages cérébraux qui semblent causés par les antidépresseurs du type ISRS (incluant le Prozac, le Paxil, et le Zoloft, mais aussi d’autres) à ceux provoqués par les neuroleptiques/antipsychotiques comme le Largatil, le Prolixin et l’Haldol. Il a trouvé des preuves que les prétendus inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ne sont pas sélectifs pour la sérotonine mais affectent d’autres substances dans le cerveau, incluant la dopamine.

Source: © www.antipsychiatry.org


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22 septembre 2006

Santé - Médicaments psychotropes - Présentation de l'étude des experts

S_nat



TRAVAUX DE L' OFFICE PARLEMENTAIRE D'EVALUATION DES POLITIQUES DE SANTE
Jeudi 15 juin 2006
Santé - Médicaments psychotropes - Présentation de l'étude des experts
Présidence de M. Nicolas About, président

Mme Maryvonne Briot, députée, rapporteure, a observé que la réunion de l'Opeps [Office Parlementaire d’Évaluation des Politiques de Santé] se tient en cette première Journée mondiale de la maltraitance des adultes âgés, celle-ci pouvant précisément prendre la forme de prescriptions abusives de médicaments psychotropes, notamment dans les établissements d'hébergement, problème sur lequel le rapport d'étude apporte des éléments de réflexion intéressants.

M. Bernard Bégaud, président de l'Université de Bordeaux 2, ayant souligné que le choix de l'Opeps d'étudier l'usage des médicaments psychotropes était d'autant plus opportun que notre pays souffre d'une carence en travaux de synthèse sur le sujet, hormis certains rapports déjà anciens, a indiqué que l'étude est structurée autour des six questions figurant au cahier des charges de l'Opeps (caractéristiques de la consommation de psychotropes, facteurs explicatifs de la surconsommation, respect des recommandations de bonnes pratiques, efficacité des politiques publiques, dépendance, alternatives thérapeutiques) et présente un septième chapitre regroupant les recommandations formulées par le groupe de travail, ainsi qu'une synthèse générale. […]

M. Bernard Bégaud a ensuite présenté les conclusions de l'étude, en soulignant tout d'abord que les Français consomment trop de psychotropes et y recourent deux fois plus fréquemment que la moyenne des pays européens, beaucoup plus souvent qu'en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Au sein de la population française, un adulte sur quatre fait usage d'au moins un psychotrope au cours de l'année et la propension à y recourir augmente avec l'âge, particulièrement chez les femmes. En revanche, la France se situe dans la moyenne des autres pays européens pour la consommation de psychotropes par les enfants et les adolescents, voire parfois en deçà pour certains traitements, tel que celui de la Ritaline. […]

Parmi les facteurs favorisant la consommation des médicaments figurent le paiement à l'acte de la consultation médicale ainsi que l'insuffisance de la formation initiale et continue des professions de santé dans le domaine de la prescription, plusieurs rapports européens ayant établi que le nombre d'heures de formation consacrées à cette matière est, en France, cinq à six fois inférieur à ce qu'il est dans les pays de l'Europe du Nord.

S'agissant des prescriptions de médicaments psychotropes, l'étude montre que les recommandations de bonnes pratiques sont peu respectées, notamment pour les durées de traitement : celles-ci sont longues quand elles devraient être courtes (supérieures à six mois pour plus de trois quarts des usagers d'anxiolytiques, alors que la durée recommandée maximale est de trois mois), et courtes quand elles devraient être longues (inférieures à un mois pour au moins une personne sur quatre traitée par antidépresseur, alors que ce traitement doit être poursuivi au moins six mois après la rémission de l'épisode dépressif). Les indications des traitements sont également peu respectées : la moitié des personnes consommant des antidépresseurs et plus des deux tiers de celles consommant des anxiolytiques et hypnotiques ne présentent pas de trouble psychiatrique relevant d'une indication reconnue ; inversement, moins d'une personne sur trois souffrant de dépression bénéficie d'un traitement approprié. Le niveau élevé de la consommation française n'implique donc pas une meilleure couverture des besoins sanitaires et n'exclut pas un mauvais usage de ces médicaments. […]

S'agissant des alternatives thérapeutiques, parmi lesquelles figurent les psychothérapies, on observe, d'une manière générale, un faible recours à ces traitements, alors que la réponse à la souffrance psychique ne peut se limiter au médicament. Néanmoins, la saturation du réseau des psychiatres, en France, fait qu'on ne peut pas recommander une extension des prises en charge par psychothérapie sans aborder la question des moyens, et donc celle du statut des psychothérapeutes non médecins.

L'homéopathie et la phytothérapie constituent une autre alternative thérapeutique à la prescription de médicaments psychotropes «allopathiques». Si elles ne sont pas adaptées aux pathologies psychiatriques lourdes, elles peuvent convenir pour certaines plaintes, notamment les syndromes anxieux, affectant en particulier le sommeil. Mais les récentes décisions de déremboursement concernant certaines spécialités pharmaceutiques à base de plantes ont porté préjudice à ces médicaments, au risque de reporter la consommation vers des psychotropes, remboursés mais parfois mal tolérés.

Une meilleure application des règles élémentaires d'hygiène de vie doit être également considérée comme une véritable alternative thérapeutique à la prescription de psychotropes, notamment pour les plaintes concernant le sommeil en l'absence de trouble psychiatrique avéré. Ainsi, certaines personnes en viennent à prendre des psychotropes pour trouver le sommeil sans avoir pensé à abandonner leur habitude de boire du café après dix-sept heures, alors que le métabolisme de la caféine varie en fonction de l'âge.

Enfin, dépendance et sevrage sont trop souvent confondus : en termes de santé publique, le problème majeur soulevé par les psychotropes n'est pas celui de la dépendance, celle-ci ne concernant qu'une très faible minorité d'usagers ayant un usage abusif, toxicomaniaque, des psychotropes, mais celui de la prévention et du traitement d'un syndrome de sevrage chez les personnes ayant un usage prolongé de psychotropes. L'interruption brutale du traitement chronique par psychotropes - notamment les anxiolytiques et hypnotiques - pouvant entraîner des symptômes de sevrage, il est indispensable que les prescripteurs soient mieux informés pour les prévenir en évitant l'usage prolongé de psychotropes et les gérer, notamment par la diminution progressive des posologies. […]

M. Bernard Bégaud a précisé qu'en France, huit prescriptions sur dix émanent de médecins généralistes et que ces derniers sont plus enclins à prescrire à leurs patients un traitement médicamenteux qu'une psychothérapie pour laquelle ils ne sont pas compétents. Bien que les problèmes liés à la souffrance psychique représentent une part très importante de la clientèle des médecins généralistes, la formation en psychothérapie est insuffisante au sein du cursus médical, et il est difficile d'imposer un stage en psychiatrie à tous les étudiants, pour des raisons pratiques liées au nombre de places disponibles. […]

Pour voir le document : © TRAVAUX DE L' OFFICE PARLEMENTAIRE D'EVALUATION DES POLITIQUES DE SANTE.


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18 septembre 2006

Les parlementaires dénoncent l'usage excessif des psychotropes

La consommation est deux fois plus importante en France qu'en Europe, avec des effets secondaires non négligeables.

UN RAPPORT de l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé rendu public hier au Sénat s'inquiète de la surconsommation en France des médicaments psychotropes (tranquillisants, antidépresseurs, somnifères...). […]

Ce travail parlementaire […] confirme la persistance d'une situation exceptionnelle de la France par rapport à ses voisins : la part de la population ayant pris un psychotrope au cours des douze derniers mois est deux fois supérieure à la moyenne des pays voisins. Avec quelques nuances, puisque la durée moyenne de consommation est plus faible chez nous que dans les autres pays. Les femmes en usent deux fois plus souvent que les hommes, les personnes âgées bien plus que les jeunes.

Le recours aux psychotropes déjà relevé dans les années 1980 n'a fait qu'empirer: le montant des remboursements de l'assurance-maladie pour ces produits est estimé en 2004 à un milliard d'euros, alors qu'en 1980 il était de 317 millions d'euros. Une croissance liée à la fois à une augmentation des volumes prescrits et au coût accru des nouvelles molécules. Par ailleurs, un fait est particulièrement notable : les antidépresseurs représentent aujourd'hui plus de 50% des ventes, contre 25% en 1980, alors que celles des anxiolytiques et des hypnotiques sont restées stables. […]

Par ailleurs, l'usage des psychotropes est souvent incorrect : 80% sont délivrés par des généralistes qui ne respectent pas toujours les recommandations professionnelles et les limitations de durée de prescription. «La moitié des personnes consommant des antidépresseurs et plus de deux tiers de celles ayant des anxiolytiques et hypnotiques ne présentent pas de troubles psychiatriques relevant d'une telle indication, souligne ce travail. Inversement, moins d'une personne sur trois souffrant de dépression bénéficie d'un traitement approprié. Le niveau élevé de la consommation française n'implique donc pas une meilleure couverture des besoins sanitaires.» […]

«Du fait de la proportion importante de personnes exposées à ces médicaments, une augmentation même minime du risque de détérioration cognitive pourrait générer un nombre significatif de cas de démence, avec de larges répercussions sur la santé des populations âgées», précise le document.

Pour ce qui est des antidépresseurs, quelques essais thérapeutiques ont suggéré un risque accru d'idées suicidaires, chez les enfants et les adolescents en particulier. Les parlementaires estiment cependant que le rapport bénéfice/risque reste favorable pour les malades souffrant de dépression, une maladie à risque de suicide bien plus élevé que celui que représente les antidépresseurs. Enfin, les psychotropes ont été impliqués dans les accidents de la voie publique et les chutes des personnes âgées, sans que cela soit parfaitement documenté.

Publié le 30 juin 2006
© Martine Perez
Source : lefigaro.fr


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