01 novembre 2006
Prozac: le scandale prend de l’ampleur
rfi Actualités
Industrie pharmaceutique
Les révélations de documents confidentiels par le British Medical Journal, selon lesquelles la prise de l’antidépresseur Prozac pourrait accroître les risques d’actes violents et de suicide, éclaboussent la crédibilité du Laboratoire Eli Lilly […]. Après différents scandales frappant l’industrie ces derniers mois, l’affaire du Prozac jette à nouveau un doute sur la crédibilité des médicaments phares. […]
La suspicion, autour de la transparence des essais cliniques, s’installe d’autant aujourd’hui que ces documents confidentiels auraient fait défaut en 1994 lors du procès qui a opposé Lilly aux victimes d’une tuerie survenue en 1989 dans le Kentucky (huit morts, douze blessés et le suicide de l’auteur, Joseph Wesbecker). Les proches des victimes ont accusé à l’époque le Prozac d’être responsable de cette «rage meurtrière», et le laboratoire de savoir depuis des années qu’il pouvait avoir des effets secondaires graves. La firme pharmaceutique, Eli Lilly, a gagné le procès, mais avoué en 1997 avoir conclu un accord secret avec la partie adverse d’indemnisation avec les victimes. […]
Selon l’hebdomadaire British Medical Journal, l’affaire du Prozac n’en serait que le dernier avatar: en juin 2004, le procureur de l’Etat de New York, Eliot Spitzer, accusait le laboratoire Glaxo Smith Kline d’avoir caché des études cliniques concernant les risques de pulsions suicidaires chez les jeunes sous l’antidépresseur Deroxat.
par Dominique Raizon
Article publié le 03/01/2005. Dernière mise à jour le 04/01/2005 à 05:54 TU
Source: © rfi Actualités.
18 septembre 2006
Les enfants européens donnés en pâture à l’industrie pharmaceutique !
du Dr Jean-Philippe Labreze
Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie.
Communiqué de presse
Le Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie s’élève contre la décision de l’Agence européenne du médicament (EMEA) qui recommande d’étendre l’indication du Prozac (Fluoxétine) au traitement des épisodes dépressifs majeurs d’intensité modérée à sévère chez les enfants de plus de 8 ans.
En 2004, le Professeur Bernard DEBRÉ disait à haute voix ce que nul acteur de ce dossier ne pouvait ignorer: « Beaucoup d’essais sont biaisés, voire falsifiés et souvent trop dispersés sur la planète, dans le seul but d’élargir les marchés. 90% des essais ne sont jamais publiés ou révélés car les laboratoires sélectionnent ceux qui paraissent montrer une efficacité de la molécule et cachent ceux qui démontrent qu’il n’y a pas d’effets, voire qu’il peut exister certains risques ». (Entretien avec Cécile PRIEUR du 20/12/2004. Le Monde).
C’est sur la base de données scientifiques aussi contestables et malgré les preuves attestant des effets délétères majeurs de ces produits, que des dizaines de milliers d’enfants européens se verront prescrire demain, n’en doutons pas, une drogue dénuée de réelle efficacité (selon les propres études non publiées du laboratoire Eli Lily. Cf Antidépresseurs : La grande intoxication. Guy HUGNET. Ed. Cherche-Midi) et augmentant de façon majeure le risque de suicide.
Alors qu’une récente publication scientifique vient confirmer ce que chacun savait déjà, en l’occurrence la collusion entre l’industrie pharmaceutique et les experts psychiatres à l’origine du DSM IV (plus de 56% d’entre eux ayant une ou plusieurs attaches avec des firmes), il est important de rappeler que 70% du financement de l’EMEA et près de 80% de celui de l’AFSSAPS proviennent de cette même industrie et que les conflits d’intérêts sont incontestables. C’est d’ailleurs à une conclusion similaire que vient d’aboutir la Commission des affaires sociales du Sénat dans le rapport N° 382 rendu en date du 8/06/06.
Le tandem psychiatrie-industrie pharmaceutique, dont les intérêts convergent, a depuis longtemps amplement démontré son aptitude à inventer sans cesse de nouveaux troubles mentaux (112 dans le DSM I en 1952 et 374 dans le DSM IV, en 1994) et à créer ainsi de nouveaux marchés extrêmement lucratifs. Gageons que cette nouvelle annonce de l’EMEA se révèlera extrêmement positive pour le cours des actions d’Eli Lily et, malheureusement, extrêmement préjudiciable à la santé de nos enfants !
La psychiatrie s’est très souvent trompée et elle a souvent entraîné derrière elle l’ensemble de la communauté scientifique. Faut-il rappeler le prix NOBEL d’Egas MONIZ en 1949 venu récompenser le développement de la lobotomie ou les chocs (électrochocs, chocs au cardiazole ou à l’insuline) administrés à des centaines de milliers de patients, infligeant à près de 30% d’entre eux des fractures des membres ou du rachis ?
L’incurie, l’irresponsabilité voire la complicité directe de certains experts oeuvrant au sein d’agences sanitaires et agissant comme de simples agents au service de l’industrie pharmaceutique laissent augurer une nouvelle tragédie sanitaire: la mise sous camisole chimique de dizaines de milliers d’enfants et le décès de plusieurs d’entre eux.
Jusqu’à quand le pouvoir politique se contentera-t-il d’observer, impassible, le combat opposant le tandem psychiatrie-labbos pharmaceutiques aux citoyens luttant pour empêcher l’avènement du «meilleur des mondes», dans lequel la psychiatrie déterminera le normal et le déviant et où la chimie contrôlera les consciences et les comportements ?
Nous pouvons et devons empêcher l’inadmissible !
Source : © Dr Labreze - Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie.
