L'observation de l'exercice actuel de la psychiatrie laisse malheureusement constater que ce code déontologique est entaché par un nombre considérable de dérèglements qui foulent au pied l'esprit même de cette déclaration. Les "considérations éthiques" dont se préoccupent les représentants mondiaux de la psychiatrie devraient consister en une autocritique et en une profonde réforme de la pratique professionnelle de leurs adhérents plutôt qu'à brandir à la face du monde une profession de foi dont le seul but semble de redorer le blason d'une discipline mentale critiquée pour ses violations répétées des droits du patient et des principes humanitaires les plus élémentaires.

Les auteurs de cette déclaration, pour qui la publication d'un code "éthique" cherche à prouver les bonnes intentions de leur pratique, ont depuis longtemps montré leur incapacité à l'améliorer en dépit d'une quantité vertigineuse de méfaits, de brutalités, de délits et de crimes contre l'humanité accumulés depuis le jour funeste où naquit la psychiatrie.

Dans ce texte, il n'y a pas un article qui ne soit pas violé, dans un pays ou un autre, par les praticiens de cette profession, hormis des exceptions. La seule affirmation digne d'intérêt, extraite de ce présent code, est celle-ci: "Chaque patient a le droit de connaître cette déclaration et de vérifier si son thérapeute respecte ce code." À quoi il serait opportun d'ajouter : "Au cas où il aurait à se plaindre de conséquences médicales, mentales, civiles ou professionnelles d'une violation de la déontologie, le patient a le droit de demander et d'obtenir réparation."

D'autre part, l'affirmation selon laquelle "La psychiatrie est une discipline médicale" n'a pas de fondement scientifique et n'est qu'une prétention de plus. On attend toujours la preuve des théories avancées par la psychiatrie dans le domaine des maladies mentales et de leurs traitements; on attend toujours l'identification objective des causes desdites pathologies mentales; on attend toujours les preuves de guérison obtenues par cette discipline; on attend toujours que les psychiatres et les maîtres de leurs différentes disciplines se mettent d'accord sur la définition des maladies mentales et leurs méthodes de thérapie. Ce qui laisse songeur à propos de cette autre affirmation dont on ne sait si sa présence dans ce texte est une mascarade de plus ou tout simplement une confession de la nature hypocrite de cette pseudo-médecine: "Toute recherche qui n’est pas conduite conformément aux critères de la science n’est pas éthique."


Introduction

cam_lon2La pratique de la psychiatrie implique des considérations éthiques. Les psychiatres ont pour devoir d'être conscients de la nécessité d'une éthique en relation avec la pratique de la psychiatrie.
La déclaration de Madrid comporte sept directives qui se concentrent sur les but de la psychiatrie pour traiter des patients souffrant de maladie mentale, prévenir la maladie mentale, promouvoir la santé mentale et fournir soin et réinsertion pour les patients
L'Association Mondiale de Psychiatrie (WPA) a approuvé les recommandations éthiques suivantes qui devraient régir la conduite des psychiatres du monde entier. Chaque patient a le droit de connaître cette déclaration et de vérifier si son thérapeute respecte ce code.


Déclaration de Madrid sur les recommandations éthiques pour la pratique de la psychiatrie (août 2002)

1. La psychiatrie
est une discipline médicale qui se consacre à la mise en œuvre des meilleurs traitements des troubles mentaux, à la réinsertion des personnes souffrant de maladies mentales et à la promotion de la santé mentale. Les psychiatres sont au service des patients en fournissant les meilleures thérapeutiques disponibles conformes aux connaissances scientifiques admises et aux principes éthiques. Les psychiatres doivent donner la préférence aux interventions thérapeutiques qui entravent le moins la liberté du patient et s’entourer de conseil pour les domaines de leur activité qui ne relèvent pas de leur compétence principale. Ce faisant, les psychiatres doivent conscients et concernés par la distribution équitable des ressources de santé.

2. Il est du devoir des psychiatres de suivre les développements scientifiques de la spécialité et de contribuer à une mise à jour mutuelle des connaissances. Les psychiatres formés à la recherche doivent chercher à étendre les frontières scientifiques de la psychiatrie.

3. Le patient doit être considéré comme
un partenaire à part entière dans le processus thérapeutique. La relation thérapeute-patient doit être basée sur la confiance et le respect mutuel pour permettre au patient de prendre des décisions libres et éclairées. Il est du devoir des psychiatres de fournir au patient les informations pertinentes de manière à lui donner la possibilité de parvenir à une décision raisonnée et conforme à ses valeurs et préférences personnelles.

4. Lorsque le patient est invalidé et/ou dans l'incapacité d’exercer un jugement convenable/propre en raison d’un trouble mental, ou sérieusement handicapé, le psychiatre doit prendre l’avis de la famille, et si cela est opportun, prendre conseil auprès d’un conseiller juridique pour assurer la protection de la dignité humaine du patient et de ses droits légaux. Aucun traitement ne devra être pratiqué contre la volonté du patient, à moins que le refus de traitement ne mette en danger sa vie et /ou celle de son entourage. Les traitements doivent toujours être utilisés dans le seul intérêt du patient.

5. Quand les psychiatres sont chargés de procéder à une expertise, il est de leur premier devoir d'informer et avertir la personne concernée et lui préciser l’objet de leur intervention, l’utilisation de leurs conclusions et les répercutions possibles de leur mission. C'est particulièrement important lorsque les psychiatres interviennent dans des situations où des tiers sont impliqués.
 
6. Toute information recueillie dans le cadre de la relation thérapeutique doit rester confidentielle et ne servir exclusivement que dans le seul but d’améliorer l’état de santé mentale du patient. Les psychiatres ont interdiction d’utiliser de telles informations à des fins personnelles ou pour en tirer des bénéfices financiers ou académiques. Une bréche de confidentialité ne peut être appropriée que dans le cas où le maintien de la confidentialité mettrait sérieusement en danger la santé physique ou mentale du patient ou d’un tiers ; dans de telles circonstances les psychiatres devront dans la mesure du possible informer en premier le patient de ce qui va être fait.

7. Toute recherche qui n’est pas conduite conformément aux critères de la science n’est pas éthique. Les activités de recherche doivent être approuvées par un comité de recherche constitué de manière appropriée. Les psychiatres doivent respecter dans la conduite de la recherche les règles nationales et internationales. Seules des personnes formées spécialement à la recherche doivent l’entreprendre ou la diriger. En raison de la vulnérabilité particulière des malades mentaux vis à vis de la recherche des précautions particulières doivent être prises pour sauvegarder aussi bien leur autonomie que leur intégrité physique et mentale. Des considérations éthiques doivent aussi être respectées dans le choix des populations étudiées, dans tous les types de recherche y compris les études épidémiologiques et sociologiques ainsi que dans les recherches collaboratives associant d’autres disciplines ou plusieurs domaines d’investigation.

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