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La pratique de la lobotomie, que l'on croyait disparue, est-elle pratiquée sous d'autres formes ?

Lire le document "Traitement psychochirurgical des TOC malins : à propos de trois cas".

Ce document de réflexion expose comment ont été pratiquées sur trois cas de « TOC malin » différentes techniques de psychochirurgie. TOC signifie « trouble oppositionnel avec provocation », un trouble mental dont les critères sont définis dans le DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

On peut lire en introduction du document cité que « l’évaluation clinique de ces patients [qui ont subi ce traitement psychochirurgical] doit être soigneusement menée, cela afin d’évaluer à court et à long termes l’efficacité de cette approche chirurgicale. Ce qui veut dire que les médecins font subir à leurs patients une chirurgie du cerveau sans savoir si cette intervention est efficace.

Il est intéressant de lire le compte-rendu des trois cas. Dans chacun d'entre eux, le résultat des lobotomies est négatif.
– Nicole : "Néanmoins, 2 ans plus tard, la patiente est encore gênée. Les conduites d’évitement des situations anxiogènes entravent de manière significative sa vie sociale et la souffrance psychologique majeure qui en découle incite à discuter de l’intérêt d’une opération supplémentaire."
– Émilie: "En revanche, la nette amélioration de l’humeur constatée un mois après l’intervention est moins marquée à J + 3 mois. On repère une inefficacité subjective de l’opération sur le TOC ; les tests psychométriques montrent, d’ailleurs, l’absence d’amélioration significative des éléments obsessionnels. Une nouvelle IRM de contrôle indique une régression de l’oedème cérébral autour des thermolésions, de volume suffisant par rapport à ce qui est habituellement préconisé."
- Aurélien: "Malgré l’amélioration notée, la persistance de certains éléments obsessionnels entraîne un handicap non négligeable que l’intervention n’a pas permis d’enrayer et qui a rendu impossible la reprise de son travail. Ceci, rajouté à la tolérance réduite de l’entourage à l’égard du patient, a conduit le sujet à réclamer un autre geste chirurgical, dont la cible reste à préciser."

Ce qui n'empêche pas l'auteur du document d'affirmer que "La psychochirurgie est un traitement sûr et relativement efficace destiné aux patients souffrant d’un TOC grave, de troubles affectifs ou anxieux majeurs invalidants et résistants aux autres thérapeutiques disponibles."

Question : le constat d'échec de la psychochirurgie, allié au recours post-opératoire de psychotropes pour tenter de pallier l'inefficacité des opérations du cerveau, prouverait chez n'importe quel observateur scientifique de bonne foi l'inutilité de tels traitements par ailleurs dangereux et invalidants. Pourquoi continue-t-on de pratiquer de telles méthodes ?

Voir le document (pdf) : "Traitement psychochirurgical des TOC malins : à propos de trois cas."

Photo : © Bettmann/CORBIS.
La photographie représente Walter Freeman opérant une lobotomie transorbitale au Western State Hospital, dans l'État de Washington, en juillet 1949.

Informations supplémentaires : archives américaines sur les travaux de Walter Freeman, initiateur de la psychochirurgie.