par Martine Perez

Cette molécule destinée à traiter l'hyperactivité est prescrite à des millions d'enfants américains.

LE 9 FÉVRIER dernier, un comité de sécurité sanitaire de la Food and Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis, avait demandé que la Ritaline et les produits de la même famille, destinés à la prise en charge des enfants dits «hyperactifs» bénéficient d'un «label noir» pour mettre en garde fortement contre ses effets secondaires. Mercredi, un second groupe d'experts prônait une position moins forte en proposant seulement des recommandations d'usage en langage clair sur la notice d'utilisation. La FDA devrait suivre ce dernier avis. […]

Dans un article publié le 20 mars dernier sur le site du New England Journal of Medicine, Steven E. Nissen, professeur de cardiologie à Cleveland et membre du comité de la FDA ayant recommandé le «label noir», explique longuement son point de vue. Ces médicaments, explique-t-il, dérivent des amphétamines, une classe pharmacologique connue pour ses effets sympathomimétiques sur le coeur, c'est-à-dire qu'ils augmentent la fréquence cardiaque et la tension artérielle. «Dans notre position, présentée à la FDA, 25 cas d'enfants et d'adultes frappés de mort subite et ayant pris des stimulants de cette famille ont été analysés, écrit-il dans le NEJM. Certains souffraient d'une maladie congénitale cardiaque non diagnostiquée préexistante créant une vulnérabilité aux effets secondaires des médicaments sympathomimétiques.» Tous les cas ne sont pas clairement documentés. Et le lien de cause à effet pas forcément établi. «Même si nous reconnaissons d'importants bénéfices potentiels à ces produits, nous plaidons pour leur usage sélectif et modéré.»

Mercredi, un autre comité de la FDA, cette fois composé de pédiatres, s'est penché sur les effets mentaux de cette famille de médicaments, qui pourrait provoquer chez 2 à 5% des enfants des hallucinations, réversibles à l'arrêt du traitement. Mais ils ont recommandé, eux, de simples notices expliquant clairement les effets secondaires.

Source : © lefigaro.fr
24 mars 2006 (Rubrique Sciences & Médecine)