Le 22 août 2005, c’était au tour du Deroxat d’être sous les feux de la rampe. Ce jour-là, The Times, grand quotidien britannique, aurait annoncé les résultats d'une étude médicale menée sur 1 500 personnes traitées par la paroxétine (un des antidépresseurs les plus prescrits au monde, commercialisé en France sous le nom de Deroxat). Ce document, qui avait été publié dans la revue médicale en ligne BMC Medicine, révélait que les patients qui en avaient consommé étaient exposés à de graves risques suicidaires.
Déjà, en juin 2003, les autorités sanitaires britanniques, la Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) avaient contre-indiqué la paroxétine chez les moins de 18 ans. Dans un communiqué de presse du 10 décembre 2004, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) rappelait que «ces études ne démontraient pas l'efficacité de ces médicaments dans cette indication [la dépression] et suggéraient une augmentation du risque de comportement suicidaire chez les enfants et adolescents traités comparativement aux patients recevant le placebo. Aucun décès par suicide n'avait cependant été rapporté pendant ces études».

Nous avons voulu en savoir plus et avons consulté le site internet de la FDA à la rubrique «Paroxetine». Il s’avère que l’agence sanitaire américaine a émis une mise en garde en décembre 2005 intitulée : «FDA ALERT [12/2005] : Idées suicidaires et passages à l’acte chez les enfants et les adultes»
Extrait :
« Enfants – La prise d’antidépresseurs peut augmenter les idées suicidaires et les passages à l’acte chez 1 personne sur 50 de 18 ans ou moins. Bien que la paroxétine soit prescrite aux enfants, la FDA n’a pas approuvé un tel usage. » Une personne sur 50, c’est-à-dire 2 % : un taux de risque absolument énorme quand on y réfléchit…
Dans le même document, nous découvrons que la paroxétine est impliquée dans des malformations du fœtus.
Extraits :
« Augmentation du risque de malformations congénitales.
Des résultats préliminaires de deux études récentes indiquent que la paroxétine augmente le risque de malformations congénitales, notamment les malformations cardiovasculaires. […] Les patientes prenant de la paroxétine qui tombent enceintes ou qui sont au premier trimestre de leur grossesse doivent être alertées du risque que court le fœtus. Elles devraient considérer l’arrêt de cet antidépresseur ou en changer.»
Dans ces conditions, pourquoi ne pas stopper immédiatement sa commercialisation ?
Trois jours plus tard, le 8 décembre, Le Monde reprenait une des dépêches de l’AFP en annonçant que «la FDA a demandé en conséquence au fabricant, le groupe britannique GlaxoSmithKline, de changer la catégorie dans laquelle ce médicament est classé pour spécifier les risques potentiels qu'il présente.» Les laboratoires auraient répondu à la presse que « la plus grande partie des défauts cardiaques congénitaux qui seraient liés à cet antidépresseur se caractérisent surtout par la présence d'un orifice dans la cloison séparant les deux ventricules ou les oreillettes cardiaques » et auraient ajouté que « de tels orifices se referment le plus souvent d'eux-mêmes et dans les autres cas, ce défaut peut se corriger aisément avec une intervention chirurgicale. »
Si votre nourrisson se trouve en danger de mort à la suite d’une cure de Deroxat de sa mère, vous n’aurez qu’à lui faire subir une opération à cœur ouvert… On vous le dit, les effets secondaires des antidépresseurs sont simplement « gênants ».

Extrait de Nos enfants, cobayes de la psychiatrie?
Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.