2 mai 2006 - Des antidépresseurs parmi les plus prescrits sont de nouveau sur la sellette. Ils augmenteraient en effet les risques de suicide chez les personnes âgées, confirment les résultats d'une étude que viennent tout juste de publier des chercheurs de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES), en Ontario.

Selon cette étude, des aînés traités aux antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) couraient en effet cinq fois plus de risques de se suicider que ceux qui prenaient un autre type de médication antidépressive.

Les chercheurs canadiens ont mené leur étude auprès de 5 690 personnes âgées de 66 ans et plus qui souffraient de dépression. Selon les résultats obtenus, le risque de suicide augmentait de façon éloquente durant le premier mois de traitement aux ISRS, comparativement au taux que l'on observe chez ceux qui prennent d'autres types d'antidépresseurs. […]

Ce n'est pas la première fois que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine sont associés au suicide. Depuis le début des années 1990, on a publié plusieurs rapports signalant le suicide de personnes dépressives traitées avec ces médicaments, notamment des adolescents. L'an dernier, des chercheurs de l'Ottawa Health Research Institute, au Canada, publiaient les résultats d'une revue de 702 essais cliniques menés auprès de 87 650 patients dépressifs. Ils concluaient que les probabilités qu'un patient dépressif commette un suicide étaient plus élevées lorsqu'il était traité aux ISRS plutôt qu'à un autre type d'antidépresseur. […]

Pierre Lefrançois
Source : © PasseportSanté.net