par Claude Dessy
Licencié en psychologie
Directeur f.f. d’un centre PMS (psycho-médico-social) spécialisé

Note : la notion de "l'hyperactivité" est sujette à controverse. Les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux, tant sur la validité psychiatrique de ce que certains conviennent d'étiqueter comme une pathologie mentale, que sur ses causes et les thérapies appropriées. Que ce trouble existe ou pas, que son identification reste sujette à caution, les symptômes et les comportements décrits dans l'hyperactivité ou le TDAH existent réellement. La contribution de monsieur Dessy est digne d'intérêt car elle préconise une solution qui n'est d'ordre ni chimiothérapeutique ni neurobiologique dont on ne peut que redouter les effets secondaires pour la santé physique et mentale de l'enfant. Il existe par ailleurs un grand choix de solutions naturelles liées à la diététique, aux médecines douces, etc., tout aussi valables et sans danger.


Le terme « hyperactif » est largement utilisé dans le langage courant pour désigner la partie la plus visible et la plus dérangeante d’un ensemble de symptômes regroupés sous le terme scientifique: «Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité» (TDAH).
L’hyperactivité est un facteur de risque considérable d’échec dans les apprentissages fondamentaux. Quels sont les comportements caractéristiques d’un enfant hyperactif ? Comment un enseignant peut-il aider cet enfant en souffrance ?

Le trouble en question comporte trois pôles principaux :

1. L’inattention :
- l’enfant organise difficilement ses activités, ne parvenant pas à donner la priorité aux choses importantes;
- il est réticent à s’engager dans les tâches, tels les devoirs ou les jeux de sociétés, qui nécessitent un effort mental soutenu;
- il a du mal à se conformer aux directives, à terminer le travail demandé en classe ou ses devoirs ( sans volonté d’opposition ou manque de compréhension);
- il donne l’impression de ne pas écouter ce qu’on lui dit. Il faut attirer davantage son attention et répéter plusieurs fois;
- il a du mal à maintenir son attention au travail ou dans les jeux ;
- il se laisse facilement distraire par les décorations de la classe, le bruit de la rue, les mouvements extérieurs;
- il ne parvient pas à écouter la consigne d’un nouvel exercice écrit pendant qu’il termine l’exercice précédent;
- il accorde peu d’attention aux détails, commet des fautes d’inattention;
- il égare ou oublie son manteau, son sac de sport ou tout autre matériel nécessaire à ses activités.

2. L’hyperactivité :
- l’enfant est constamment en mouvement, inépuisable mais épuisant ;
- il parle trop souvent, se tient « sur la brèche » et agit comme s’il était doté d’un moteur ;
- il ne sait pas rester assis alors que la situation l’exige(il trouve généralement un tas de bonnes raisons pour se lever, que ce soit en classe ou au réfectoire) ;
- il a du mal de se tenir calmement ou en silence à une activité, même ludique ;
- en position assise, il se tortille, agite les mains ou les pieds, tombe de sa chaise ;
- il court, grimpe, saute dans des situations où cela n’est pas acceptable ;
- il change d’activité sans avoir terminé celle en cours.

3. L’impulsivité :
- l’enfant se précipite pour répondre à une question sans attendre qu’elle soit posée dans son entièreté ;
- il ne parvient pas à attendre son tour ;
- il fait irruption dans les jeux ou les travaux collectifs et intervient de façon inappropriée dans les conversations des autres enfants.
Le nombre de symptômes et leur gravité varient d’un enfant à l’autre. Un enfant peut présenter des symptômes appartenant à plusieurs de ces pôles ou à un seul. Certains enfants souffrent de troubles de l’attention accompagnés d’une agitation maîtrisée ( rester calme leur demande une grande tension).
L’intensité d’un symptôme peut également varier selon les circonstances et les moments.

Outre les difficultés dues à l’inattention, à l’hyperactivité, à l’impulsivité, ces enfants rencontrent généralement des problèmes annexes tels que :
- des troubles de l’endormissement et du sommeil ;
- des troubles de la mémoire : l’essentiel et l’accessoire, ce qui doit être enregistré dans la mémoire et ce qui ne doit pas l’être, sont difficiles à différencier ;
- des difficultés à contrôler les émotions ;
- des problèmes relationnels : l’enfant peut étouffer l’autre de par ses sollicitations permanentes d’affection. Il se fait difficilement des amitiés durables. Il peut rapidement être tenu à l’écart, être exclu des jeux collectifs ou se retrouver en position de souffre-douleur des plus grands (racket, violence gratuite…) ;
- des troubles de la perception : difficulté d’isoler les propos de l’enseignant de l’ensemble des autres bruits, le feu du passage pour piétons des enseignes lumineuses… ;
- des troubles de l’expression motrice ou verbale ;
- des troubles de la lecture, de l’orthographe, de l’écriture et du calcul ;
- des troubles de l’apprentissage des règles de fonctionnement de la vie en société.

Les suggestions suivantes permettent d’engendrer des changements encourageants. Une période difficile de transition est souvent nécessaire : l’enseignant peut éprouver des difficultés pour changer de comportement ; la même difficulté est bien plus présente encore chez l’enfant.
- Aider l’enfant à ranger ses affaires personnelles à des endroits bien déterminés, toujours identiques, à remettre chaque jour les divers travaux dans leurs fardes respectives ;
- organiser autant que possible un horaire régulier et prévisible et l’afficher en un endroit visible. Prévenir l’enfant de chaque transition (le passage à une autre matière, le changement de classe…), de chaque situation nouvelle ( la matinée « photos »…) et de tout changement imprévu, même apparemment anodin : il ne garde en général d’une situation donnée que des impressions disparates et confuses. En accordant son attention à ce qui est nouveau ou différent de l’ordinaire, il ne s’aperçoit pas que les caractéristiques importantes de deux situations sont identiques ;
- veiller à la simplicité et à la clarté des règles de vie en classe. Ce qui est autorisé ou interdit ne doit pas comporter d’exceptions ou de nuances telles que celles induites par les termes « peut-être », « un peu », « parfois », « habituellement », « dans ce cas », « à moins que »,

Prévenir des conséquences d’une éventuelle transgression des règles ;
- organiser la classe en plaçant de préférence le banc de l’enfant près de l’endroit où l’enseignant se trouve le plus souvent ou à côté d’un élève « modèle ». L’aider à se mobiliser sur l’essentiel, une nouvelle leçon, un exercice d’application ou un devoir à domicile, en retirant au préalable de son environnement proche ce qui pourrait détourner son attention. Établir des contacts visuels fréquents ;
- l’aider à terminer une activité, d’abord de courte durée, avant de s’engager dans une autre. Découper une tâche plus longue en plusieurs séquences dotées chacune de consignes courtes, claires et d’un objectif proche. Accorder plus de temps si nécessaire. Privilégier les devoirs courts. Éviter les exercices minutés ;
- quand cela s’avère nécessaire, permettre à l’enfant de bouger, par exemple en quittant la classe quelques instants pour aller chercher ou remettre un document au secrétariat ;
- dans les cas extrêmes, prévoir dans la mesure du possible un espace rangé et pauvre en source d’excitation, dans lequel l’enfant peut « se réfugier » et s’occuper tranquillement ;
- préserver les moments au cours desquels il a la possibilité de se défouler complètement ( cours de gym, récréation…)
- expliquer clairement les comportements et les mots estimés inacceptables en aucun cas. L’enfant a le droit de dire un gros mot lorsqu’il est frustré ou fâché, mais toutes les injures ne peuvent pas être tolérées. Décider clairement des mesures à prendre si l’enfant ne manifeste pas un minimum de respect ;
- interrompre dans l’immédiat et de façon systématique un comportement dangereux, pour l’enfant ou pour les autres, par une punition. Encourager immédiatement le comportement opposé ;
- Relever toute amélioration, même si le résultat obtenu reste imparfait : prêter attention, approuver, applaudir, adresser un regard admiratif ou un clin d’œil… Parfois, un encouragement matériel, plus tangible, est nécessaire. Il vaut mieux de petits encouragements immédiats et répétés, d’abord systématiques et ensuite occasionnels, qu’une récompense plus importante au terme d’un certain temps ;
- réserver chaque jours quelques minutes pour parler avec lui : les manifestations d’affection inconditionnelles( c’est-à-dire même si la journée a été « mauvaise ») sont importantes ;
- Écouter ce que l’enfant exprime sur les difficultés dont il souffre et leurs incidences sur ses apprentissages, sa vie sociale, …

La collaboration entre les parents et les professionnels qui gravitent autour de l’enfant est essentielle.
Le centre psycho-médico-social peut être un excellent intermédiaire pour initier, maintenir ou développer cette collaboration. Certains professionnels de cette institution sont aussi parfaitement formés à l’approche multi-référentielle nécessaire pour poser un diagnostic précis et définir les modalités de prise en charge de ce trouble.

© Claude Dessy.

Voir aussi dans ce blog : "Les 50 trucs pour la gestion académique du déficit d'attention".